Le pouvoir ‘’veut à tout prix forcer l’opposition à boycotter’’ les législatives, selon un ancien allié d’Alpha Condé
[dropcap]L[/dropcap]e président de l’Union de l’Union des forces démocratiques (UFD) se dit convaincu que le pouvoir, en complicité avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), met tout en œuvre pour compromettre le processus électoral. La raison ? Pousser l’opposition à boycotter les prochaines élections législatives, selon Mamadou Bah Baadiko, dans le but de permettre au RPG Arc-en-ciel d’avoir une majorité qualifiée à l’assemblée nationale.
Le président de l’UFD assure que les dysfonctionnements constatés dans les opérations d’enrôlement des élections et hausse du montant de la caution à payer par les partis en lice sont, entre autres, des manœuvres du pouvoir pour décourager l’opposition.
‘’Les opérations de révision des listes électorales ont débuté sous le signe du chaos organisé pour se terminer dans la confusion la plus totale. Dans les zones contrôlées par le pouvoir, c’était une large participation sous forme de révision et ailleurs, la CENI a freiné des quatre fers pour limiter au maximum le nombre d’inscrits, en recensement intégral’’, indique Baadiko Bah.
‘’S’appuyant sur le texte consensuel régissant la CENI, le pouvoir affirme que de toute façon, la suspension de la participation des commissaires de l’opposition au processus électoral n’empêche absolument pas celui-ci de se poursuivre. Et pour couronner tout ce rouleau compresseur contre toute forme d’opposition, la CENI aux ordres du pouvoir a annoncé la fixation de la caution à verser par les partis candidats à 200 millions de francs guinéens pour la liste nationale et 50 millions pour l’uninominal’’, ajoute-t-il.
‘’C’est exactement 2.5 fois le montant de 2013, sans que rien ne justifie cette inflation galopante, sinon la volonté de réserver l’exercice des droits démocratiques à ceux qui, d’une manière ou une autre ont accumulé des fortunes, peu importe comment, particulièrement ceux qui sont actuellement au pouvoir ou qui ont eu l’occasion de l’exercer. Les autres sont d’office exclus des élections’’, poursuit-il.
L’ancien allié d’Alpha Condé dit à qui veut l’entendre que le pouvoir fait tout son possible pour contrôler la prochaine assemblée nationale.
‘’Tout se passe donc comme si le pouvoir veut à tout prix forcer l’opposition à boycotter la consultation, afin d’avoir les mains libres lui donnant une chambre monocolore. Il pourrait ainsi confisquer indéfiniment le pouvoir. On est loin des holdups électoraux que nous connaissions depuis la Loi Fondamentale de 1990. C’est à un véritable coup d’État électoral que nous assistons’’, dénonce Baadiko Bah.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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