Le projet de construction de 50 centres de santé modernes en Guinée ne doit pas être relégué aux oubliettes
Dans le cadre de sa vision ambitieuse pour le développement des infrastructures sanitaires de notre pays, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya avait instruit l’ancien ministre de la Santé de réunir l’ensemble des paramètres nécessaires à la réalisation d’un vaste programme de construction de cinquante centres de santé modernes, répartis dans les différentes régions administratives du territoire national.
Cependant, bien avant même le limogeage du ministre Diouhé Bah, un ralentissement notable ainsi qu’une forme de passivité croissante dans la mise en œuvre de ce projet d’intérêt national avaient déjà été constatés.
Il est malheureusement courant, dans notre contexte, de voir de nombreux projets publics s’éteindre, non pas par manque de financement, mais par déficit de vision, d’engagement et de volonté politique.
Trop souvent, certaines pratiques consistent à endormir les consciences pendant que l’on tire profit, au détriment des initiatives publiques pourtant essentielles au développement.
Pourtant, ce projet tenait particulièrement à cœur au Président de la République. Si rien n’est entrepris pour le relancer, il risque de sombrer dans l’oubli, ce qui serait tout simplement inadmissible.
C’est pourquoi, je souhaite formuler respectueusement le vœu que Madame la Ministre de la Santé, Mme Sall Khaïté, envisage la relance effective de ce programme, tout en veillant à sa mise en œuvre rigoureuse et à son aboutissement concret.
Il convient de rappeler qu’aujourd’hui encore, certaines sous-préfectures à forte densité démographique, notamment dans les zones minières, disposent d’infrastructures sanitaires insuffisantes : centres de santé sous-équipés, manque de lits, déficit de matériel médical et pénurie de personnel soignant.
Doter ces localités d’infrastructures sanitaires modernes constituerait non seulement une réponse appropriée à ces défis, mais également un engagement fort en faveur de l’équité territoriale et du bien-être des populations.
Il apparaît donc nécessaire de réexaminer le budget alloué à ce projet, d’en réévaluer la faisabilité technique et financière, et de réorganiser les équipes chargées de sa mise en œuvre afin d’en garantir une réalisation rapide et efficace.
Dr. Karamo KABA
Spécialiste en santé publique
MBA – Gestion Pharma Biotech
Tatakaba66@gmail.com

