Lutte contre le terrorisme : le procureur général annonce l’arrestation de plusieurs suspects à Siguiri, Mandiana et Kankan
Le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry a annoncé l’arrestation et l’inculpation de plusieurs individus pour des faits de complicité de terrorisme, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et financement du terrorisme.
Dans un communiqué en date du 21 mars 2026, le procureur général Fallou Doumbouya indique que ces interpellations s’inscrivent dans la mise en œuvre de la politique pénale définie par le gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. C’est à ce titre, selon lui, que plusieurs procédures judiciaires d’envergure ont été engagées et conduites avec diligence, en étroite coordination avec les services de défense et de sécurité.
Les investigations ont ainsi permis de démanteler un groupe composé de onze (11) individus, dont sept (7) maliens, deux (2) nigériens, un (1) burkinabè et un (1) guinéen, interpellés en avril 2025 dans les préfectures de Siguiri, Mandiana et Kankan.
Il précise qu’un autre ressortissant malien, identifié comme Fotigui Daou, a été interpellé à Kankan par la gendarmerie nationale pour des faits présumés d’appartenance à une cellule dormante affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).
Selon le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry, les investigations menées sur l’intéressé ont permis d’établir des liens avec le GSIM, ainsi que l’existence de réseaux de radicalisation en ligne impliquant plusieurs individus, dont certains de nationalité guinéenne.
Soumis à un interrogatoire, Fotigui Daou a reconnu avoir participé, sans autorisation légale, à une opération de libération d’otages contre rançon, révélant ainsi son implication volontaire dans le financement d’activités à caractère terroriste.
Les enquêtes ont permis mettre en évidence l’existence de plusieurs groupes de messagerie WhatsApp affiliés au GSIM, notamment « Charia », « Daroul Fatwa » et « Islam, l’unique solution finale au monde ». Ces groupes totalisent 513 membres, dont 38 guinéens. Parmi ces derniers, deux individus, Ibrahima Sow et Cheick Ibrahima Savané, ont été formellement identifiés comme membres actifs de ces réseaux de radicalisation en ligne. Ils ont été interpellés respectivement à Siguiri et à Conakry.
A l’issue des procédures, les personnes interpellées ont été déférées devant le parquet d’instance de Kaloum, juridiction compétente en matière de terrorisme. Elles ont ensuite été inculpées et placées en détention pour des faits de complicité de terrorisme, d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et de financement du terrorisme, conformément aux dispositions du Code pénal, notamment les articles 19, 20 et 574, ainsi que l’article 07 de la loi L/2021/024/AN du 17 août 2021 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry a, par ailleurs, tenu à rassurer la population quant à la pleine mobilisation des autorités judiciaires et sécuritaires pour assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national.
Il invite les citoyens à faire preuve d’une vigilance accrue et à collaborer activement avec les autorités compétentes, en signalant tout comportement suspect susceptible de compromettre la sécurité publique.
Il rappelle que toute participation, sous quelque forme que ce soit, à une entreprise terroriste expose ses auteurs, coauteurs et complices à des poursuites pénales rigoureuses et à des sanctions prévues par la loi, sans distinction de statut, de nationalité ou de mode opératoire, dans le strict respect des droits fondamentaux et des garanties procédurales.


