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Makanera : un parcours politique de constance et de convictions, souvent incompris

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Soutra

Dans notre histoire politique, rares sont ceux qui ont su s’adapter avec autant de fidélité et de perspicacité à un jeu qu’ils n’avaient pas entièrement instauré, mais qu’ils ont assumé avec courage. C’est cette capacité à tenir une ligne, envers et contre tout, qui distingue les hommes d’exception.

Makanera fait partie de ces figures. Il faut aiguiser son regard pour comprendre la profondeur de son engagement. Pendant 20 ans, il est resté dans l’opposition sans jamais rencontrer un ministre de la République ni même un simple directeur d’un régime en place. Il faut du cran pour cela. Il faut oser être Makanera.

Tout au long de son parcours, il est resté fidèle à ses principes, sans jamais se mettre au service d’une ethnie ou d’un groupe d’intérêts. Depuis la création des partis politiques en 1992, en passant par son engagement aux côtés de l’UNR de Bah Mamadou, jusqu’à l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir, Makanera est demeuré constant.

C’est dans un moment critique, alors qu’Alpha Condé était en difficulté face à Cellou Dalein Diallo lors de la présidentielle de 2010, que Makanera a fait le choix stratégique de s’allier à lui. Le témoignage d’Ousmane Kaba est éloquent : selon lui, si le ralliement à Alpha Condé a été un effort collectif, Makanera à lui seul en a porté 70 %, contre 30 % pour tous les autres réunis. Ce témoignage n’a jamais été contesté.

Il faut être Makanera pour accepter, après avoir lutté de toutes ses forces pour l’accession au pouvoir du professeur Alpha Condé, d’occuper humblement un poste de simple conseiller dans un ministère. Durant trois années, il a exercé dans un bureau exigu de moins de cinq mètres carrés, sans se plaindre. C’est à lui qu’Alpha Condé confia la tâche délicate d’accompagner le ministre de l’Administration territoriale dans l’organisation du référendum — mission qu’il mena avec loyauté, abnégation et humilité.

C’est encore lui qui proposa la création du RPG Arc-en-ciel, une coalition politique qui permit au camp présidentiel d’obtenir une majorité confortable à l’Assemblée nationale. Par la suite, Makanera fut nommé ministre de la Communication. Lorsqu’un différend l’opposa au directeur général de l’Office de publicité, il refusa l’humiliation et déposa sa démission directement auprès du ministre secrétaire général de la Présidence, Kiridi Bangoura. Celle-ci fut refusée par Alpha Condé lui-même, qui reconnut en Makanera un homme de valeur.

Avec la même humilité, il contribua à la réélection du président pour un second mandat. Sa récompense ? Il fut démis de ses fonctions. Mais, fidèle à ses convictions, il retourna au RPG Arc-en-ciel pour continuer le combat, avant d’en être radié.

Il ne céda pas au découragement. Il rejoignit alors l’opposition républicaine dirigée par Cellou Dalein Diallo, devenant même son porte-parole. Pourtant, lors des élections communales à Boké, cette opposition le trahit. Déçu, il s’en retira.

C’est dans un esprit d’ouverture qu’Alpha Condé revint vers lui, avec un projet ambitieux pour une nouvelle République. Makanera accepta de s’y engager. Il fut élu député et présida la commission Communication de l’Assemblée nationale. Mais là encore, des divergences l’opposèrent au président de l’institution. Une rencontre de médiation avec Alpha Condé eut lieu, mais Makanera choisit de suspendre ses interventions médiatiques pendant six mois, par souci d’éthique.

Le 5 septembre 2021, le pouvoir d’Alpha Condé fut renversé, un an jour pour jour après sa réélection. Une semaine plus tard, alors que beaucoup gardaient le silence, Makanera fut le seul à défendre publiquement le bilan du président déchu. Il déclara que le CNRD n’était pas un adversaire, mais une opportunité pour refonder la nation, là où d’autres restaient tapis dans l’ombre, comme des chats fiévreux atteints de paludisme.

Pendant trois ans, malgré les sollicitations, il refusa de rejoindre la transition. Ce n’est qu’après avoir observé et jugé sincère l’engagement du président Mamadi Doumbouya qu’il décida d’apporter son expérience au service du CNRD et d’une Guinée meilleure.

Ce parcours, fait de fidélité, de constance et de résilience, nous enseigne que l’accomplissement politique passe par le dépassement de soi. Oser agir, interroger et se remettre en question, c’est construire une trajectoire. Une trajectoire que Makanera incarne, dans toute sa complexité. Alhoussein Makanera Kaké, l’homme de parole et de constance.

Mamady Touré

Membre fondateur de la Synergie GMD25

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