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Monsieur le Président, passez de la parole aux actes !

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Soutra

[dropcap]D[/dropcap]ans l’interview que vous avez accordée au Bureau de Presse de la Présidence, vous dites tendre “la main à tous les guinéens épris de paix et de bonne volonté pour qu’ensemble on construise la Guinée”.

Mieux, vous avez précisé que cette main tendue est destinée “aux acteurs politiques, je suis ouvert et disponible à travailler avec tous”. Passons de la parole aux actes.

Vous pouvez faire mieux que votre homologue ivoirien, qui a déjà rencontré le président Bédié, désigné Président du Conseil de transition formé par son Opposition.

Monsieur le Président,

Dans cette interview, vous avez dit que vous êtes “un homme de paix et de dialogue, c’est ensemble que nous allons construire la Guinée. ma porte est toujours ouverte au dialogue et je tends la main à tous les guinéens épris de paix et de bonne volonté pour qu’ensemble on construit la Guinée’’.

Prouvez-le M. le Président et c’est très simple pour le faire. Vous avez la possibilité de faire arrêter toutes ces procédures politiciennes engagées contre des dirigeants politiques et du Fndc, qui n’ont pas commis les actes pour lesquels ils sont accusés. Vous devez surtout inviter Cellou Dalein Diallo, Ibrahima Abé Sylla et Me Abdoul Kabèlè Keïta, qui ont rejeté les résultats de l’élection présidentielle, à vous proposer une solution de sortie de crise.

Personnellement, je vous ai envoyé la mienne à travers une lettre ouverte. Dans celle-ci, j’ai proposé la mise en place d’un gouvernement et d’une assemblée de transition de 9 à 12 mois, pour organiser des élections législatives, régionales et de la base (Quartiers).

Ce gouvernement et cette assemblée provisoires devraient également procéder à nouveau découpage électoral, un nouveau recensement de la population, partout où vivent des Guinéens, et un toilettage de la Constitution du 22 mars afin de la soumettre de nouveau aux Guinéens.

Monsieur le Président,

Vous avez dit que “nous devons construire ensemble notre nation, la main dans la main. Nous sommes un. Pourquoi cultiver la haine entre les Guinéens qui, au fond, ne sont pas divisés. Faisons de notre diversité notre force. Mais, assurer la sécurité est une mission régalienne de l’Etat, nous allons l’assurer pour des investissements et le bon vivre entre Guinéens“.

A 66 ans maintenant, avant votre arrivée au pouvoir, il ne m’a jamais été donné l’occasion d’apprendre que des populations guinéennes ont été forcées de quitter une région du pays pour retourner dans leur coin d’origine. Lorsqu’en septembre 2012, devant plusieurs dizaines de personnes, au Palais présidentiel, vous m’avez souhaité la bienvenue parmi ce monde venu pour se nommer sur le Bureau politique et le Comité central, je croyais que c’était pour parler de l’unité et du développement socio-économique de notre pays.

Depuis, constatant le contraire, je ne vous ai plus donné de mes nouvelles. C’est vrai que je rencontrais d’autre monde, comme Kénéma avec lequel (avant votre accession au pouvoir), vous le savez très bien, nous nous retrouvions à Dakar ou Conakry.

Monsieur le Président,

Si, comme vous le dites, votre main est réellement tendue “aux acteurs politiques”, que vous êtes “ouvert et disponible à travailler avec tous”, faites arrêter ces procédures abusives contre les dirigeants de l’Ufdg et du Fndc. Eloignez vos conseillers va-t-en-guerre qui vous ont fait échouer, qui ont fait de vous un dictateur, adepte du népotisme et de l’ethnocentrisme.

Pourtant, Mme Djènè Kaba, votre femme a dit que les guinéens sont “le fruit d’un métissage proche ou lointain de plusieurs de nos ethnies. La diversité linguistique qui nous caractérise devrait être notre plus grande richesse au lieu d’être source de nos problèmes’’.

Comme vous avez tendu votre main, que je souhaite de la collaboration, de la fraternité, de la justice, rencontrer vos principaux adversaires politiques de l’heure, sans les va-t-en-guerre de tous les bords pour parler de l’avenir de la Guinée surtout que tous avez plus de passé que de futur.

La démocratie est simple. Mais en Guinée, la Cour constitutionnelle et la Céni surtout, avec la complicité de Juges et administrateurs territoriaux l’ont assassinée.

Monsieur le Président,

Vous dites que “de bonne foi, j’ai toujours dit que la Guinée est un véhicule à quatre roues. Il faut cependant que tous les Guinéens apprennent à respecter la loi, et que la justice soit rendue de façon impartiale pour tous”.

Cette histoire de véhicule à quatre roues ne tient pas la route. Ce, depuis les premières années de l’indépendance du pays, la Basse a été envahie par toutes les ethnies que compte la Guinée. Plus de la moitié des guinéens de 45 ans et moins y sont nés et y ont grandi. La Guinée est un bateau où tout le monde à sa place ou encore un train. Un véhicule de quatre roues ne peut pas rouler.

De bonne foi, M. le Président, rencontrez au cours des prochains jours, en même temps, Cellou Dalein Diallo, Ibrahima Abé Sylla et Me Abdoul Kabèlè et ensemble. Convenez  avec eux des moyens à mettre en œuvre pour sortir le pays de cette crise. C’est mieux que de couper des queues.

Ibrahima Sory BALDÉ

Soutra
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