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Orientation des boursiers guinéens vers le Maroc : et si on repensait ensemble notre méthode ?

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Soutra

Chaque année, des centaines de bacheliers guinéens nourrissent de grandes ambitions, portés par l’espoir qu’une bourse d’étude à l’étranger leur ouvrira les portes d’un avenir meilleur. Le Maroc, via l’AMCI (Agence Marocaine de Coopération Internationale), fait partie des destinations privilégiées, grâce à un partenariat de longue date avec notre pays.

Mais au fil des années, des voix s’élèvent, notamment parmi les anciens boursiers, pour pointer certaines limites dans le processus d’orientation appliqué par notre Service National des Bourses Extérieures (SNABE). Ces constats ne visent pas à accuser, mais à poser une question simple : Et si on pouvait faire mieux, ensemble ?

Des rêves brisés malgré le mérite

Prenons un exemple concret. Cette année, le premier au baccalauréat en sciences expérimentales (SE) (Monsieur Diallo Mountaga Djely) a été orienté en CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) dans la filière Physique – Chimie et Sciences de l’Ingénieur (PCSI) au Maroc. Pourtant, dans ses différentes prises de parole publiques, il exprimait clairement son projet de faire médecine -chirurgie.

De même, la première en sciences sociales (SS) (Madame Magassouba Malon), qui souhaitait se diriger vers la finance (ou l’économie), a été orientée en management touristique sans lien apparent avec son projet professionnel. Ce genre de situation alimente une frustration légitime : malgré l’excellence, malgré les efforts, les lauréats se retrouvent parfois dans des filières éloignées de leurs aspirations.

Il ne s’agit pas ici de dire que certaines filières ne valent rien – loin de là. Mais tout simplement de reconnaître que chaque parcours est unique, et que l’orientation devrait davantage tenir compte des souhaits, des talents et des projets personnels de chaque étudiant.

Des exemples inspirants autour de nous

Dans plusieurs pays voisins, des approches plus participatives ont été mises en place. Au Sénégal, au Cameroun ou en Côte d’Ivoire, les services de bourse publient à l’avance la liste des filières disponibles, le nombre de places et les critères d’accès. Les étudiants sont alors invités à formuler leurs choix par ordre de préférence, en toute transparence, via un formulaire officiel (communiqué par l’AMCI). Ils peuvent même préciser s’ils acceptent une orientation en dehors de leurs trois premiers vœux.

Ce système favorise non seulement l’équité, mais surtout l’implication des étudiants dans leur propre avenir.

Des propositions concrètes pour une réforme nécessaire

Nous savons que le SNABE joue un rôle crucial dans le processus. Il assure le lien avec l’AMCI, compile les dossiers, fait les propositions d’orientation. Ce travail mérite d’être reconnu.

Mais pour aller plus loin, et pour répondre aux attentes d’une jeunesse de plus en plus informée et exigeante, il serait utile d’évoluer vers un modèle plus ouvert, plus participatif.

Il ne s’agit pas de tout remettre en cause, mais de faire quelques ajustements simples :

  • Demander à l’AMCI la liste des filières offertes, les quotas et les critères d’admission, puis les rendre publics.
  • Permettre aux étudiants de formuler leurs choix par ordre de préférence, accompagnés d’un encadrement pour bien comprendre les débouchés de chaque filière.
  • Organiser des sessions d’information pour éclairer les futurs étudiants sur les différentes options qui s’offrent à eux (l’Association des Stagiaires, Elèves et Etudiants Guinéens au Maroc – ASEGUIM peut jouer un grand rôle sur ce point).
  • Valoriser l’échange et le dialogue entre institutions, étudiants et anciens boursiers, pour bâtir un processus plus transparent et plus adapté aux réalités d’aujourd’hui.

Une opportunité d’amélioration collective

Nous avons tous un rôle à jouer. Les étudiants, en exprimant clairement leurs ambitions. Les anciens, en partageant leurs expériences pour éviter que les erreurs du passé ne se répètent. Les institutions, en ouvrant des espaces de dialogue et en améliorant leurs pratiques.

Nous avons la chance d’avoir un partenariat solide avec le Maroc. Mettons tout en œuvre pour que ce partenariat bénéficie pleinement à notre jeunesse.

Le SNABE, avec le soutien de tous, peut devenir un véritable moteur d’orientation réussie, équitable et inspirante.

Par Sambassa DOUKOURE

Ancien boursier guinéen au Maroc– promotion 2016

Soutra
1 commentaire
  1. Soumah karifa dit

    Mon frère, l’éducation guinéenne restera toujours malade tant qu’on ne pose pas des bons diagnostics pour son traitement.

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