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Prendre des décisions sans prévoir de mesures d’accompagnement, c’est ouvrir la voie au populisme aveugle

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Soutra

Lorsque le décret interdisant la production d’eau en sachets par des entreprises non certifiées a été annoncé, la ministre du Commerce a immédiatement engagé des actions pour appliquer cette décision.

J’ai alors interpellé la ministre en proposant des pistes concrètes afin de mieux accompagner cette initiative. Malheureusement, mes propositions n’ont pas été prises en compte.

J’avais suggéré la mise en place d’une véritable politique publique capable de combler le vide que la fermeture de ces usines allait créer. Parmi ces propositions figurait la construction d’usines nationales de production d’eau potable dans les grandes régions administratives.

Une telle initiative aurait permis :

  • de garantir un accès équitable à une eau de qualité,
  • de stimuler la concurrence et de faire baisser les prix,
  • d’éviter de pénaliser les industries privées tout en améliorant la qualité de l’offre.

Par exemple, il serait envisageable de fixer un prix de cession à 3 000 FG pour un pack de 25 sachets, et un prix public accessible à 500 FG pour deux sachets. Ce modèle est réaliste et économiquement viable.

Pourquoi ne pas saisir cette opportunité pour créer une marque nationale « Eau Guinée », symbole de qualité, d’accessibilité et de souveraineté industrielle ? Un tel projet valoriserait l’image du pays et renforcerait le Made in Guinea.

Au-delà de l’économie, ce programme constituerait un levier majeur de création d’emplois. À moyen et long terme, ces usines pourraient générer des milliers de postes pour les jeunes, tout en améliorant durablement la santé publique.

J’avais soumis cette idée aux décideurs. Au début, elle avait semblé susciter de l’intérêt, mais aujourd’hui, elle a été abandonnée. Résultat : les usines non certifiées ont repris leurs activités, faute de solution alternative, car celles qui sont aux normes ne suffisent pas à répondre à la demande croissante.

C’est pourquoi, lorsqu’un gouvernement décide de fermer certaines structures anarchiques, il doit anticiper et préparer des solutions de remplacement afin de rendre ses décisions réellement efficaces. Or, trop souvent chez nous, cette démarche est négligée. On observe le même problème avec la fermeture des boutiques de faux médicaments : aucune mesure d’accompagnement n’est prévue, alors que les besoins de la population continuent de croître.

Selon des données récentes de NEPTUNE, la construction d’une usine moderne produisant 50 000 bouteilles par jour coûte environ 1,5 million de dollars, tandis qu’une usine haut de gamme atteint 4 millions de dollars.

Ainsi, la mise en place d’une usine haut de gamme dans chaque région administrative — soit un investissement global d’environ 32 millions de dollars — permettrait de mettre fin durablement à l’anarchie actuelle.

Il est important de préciser que l’État ne bloquerait pas les initiatives privées : chacun pourrait créer son usine, à condition de respecter les normes sanitaires et de produire dans les règles de l’art.

Dr Karamo Kaba
Spécialiste en Santé Publique & Prévention
MBA – Gestion Pharma Biotech
Écrivain – Auteur
tatakaba66@gmail.com

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