Il fut un temps où le mot ‘’équité’’ résonnait comme une promesse. Une promesse d’inclusion, de respect des différences, de traitement juste pour chaque citoyen, quelle que soit son opinion. Aujourd’hui, à l’épreuve du référendum constitutionnel, cette belle promesse semble bien lointaine, presque trahie.
Où est l’équité quand le jeu est faussé dès le départ ?
Peut-on véritablement parler d’un choix libre et éclairé du peuple lorsque l’un des camps a un accès illimité aux médias publics, aux ressources de l’État, aux moyens de mobilisation, pendant que ceux qui doutent, questionnent ou s’opposent sont relégués au silence, menacés, ou présentés comme ennemis de la nation ?
L’équité, ce n’est pas faire taire l’autre. C’est lui garantir le droit d’exister, de parler, de convaincre.
Où est l’équité quand le texte même de la Constitution ne fait pas l’unanimité ?
Une Constitution n’est pas un simple document juridique. C’est le socle sur lequel repose la confiance entre l’État et les citoyens. Si déjà, à la naissance, elle divise profondément, si elle est soupçonnée — à juste titre ou non — d’être taillée sur mesure, alors elle ne remplira jamais son rôle de contrat social. Elle deviendra un instrument de méfiance, et non de paix.
Où est l’équité quand le débat public est remplacé par la propagande ?
Le peuple guinéen est mature, lucide, et capable de discernement. Il mérite mieux qu’un monologue déguisé en consultation. Il mérite un vrai dialogue, des explications claires, des débats contradictoires, dans la dignité.
Ce que nous disons n’est pas une attaque, mais un appel
Un appel à la responsabilité, à la hauteur, à la conscience collective. L’enjeu dépasse les intérêts d’un camp ou d’un leader. Il s’agit de la crédibilité de notre démocratie, de l’image de notre pays, de l’héritage que nous laisserons à nos enfants.
Ce n’est pas le référendum en lui-même que nous contestons. C’est la manière dont il est organisé, l’intention qui s’y cache, et le silence imposé à ceux qui veulent simplement réfléchir autrement.
L’équité, la vraie, ne s’impose pas. Elle se construit, ensemble, dans l’écoute et le respect.
Boubacar Dieng

