Le 21 septembre 2025, le peuple guinéen est appelé à se prononcer sur un texte fondamental qui déterminera l’avenir de notre République. Mais derrière les discours officiels et les promesses de modernité, se cachent des pièges juridiques inquiétants. En tant que citoyens, patriotes et hommes politiques responsables, nous avons le devoir de les dénoncer clairement.
1. Une Cour constitutionnelle politisée (Article 146)
Le texte confie la majorité des nominations à l’exécutif et au Sénat, eux-mêmes contrôlés par le même camp politique. Comment garantir l’impartialité d’un juge qui doit trancher entre les citoyens et le pouvoir… quand il est nommé par ce même pouvoir ? Ce mécanisme vide de sens le rôle de gardien de la Constitution.
2. Suppression de la clause d’intangibilité (Ancien article 154)
La précédente Constitution protégeait certains principes fondamentaux (limitation des mandats, forme républicaine de l’État, etc.). Le projet actuel ne contient plus de clause de verrouillage, permettant ainsi à une future majorité de modifier le texte à sa convenance. C’est un chèque en blanc offert à l’exécutif
3. L’exclusion silencieuse de la diaspora (Article 45)
L’obligation d’avoir résidé en Guinée pendant 10 ans sans interruption et de n’avoir jamais eu une autre nationalité élimine de facto une bonne partie de la diaspora. Pourtant, nos frères et sœurs vivant à Dakar, Bruxelles, Montréal ou New York restent profondément attachés à la Guinée. Ce sont des médecins, des juristes, des économistes, qui pourraient servir leur pays. Les exclure, c’est appauvrir la République.
4. Concentration excessive des pouvoirs (Article 62, 66)
Le Président nomme presque tous les hauts fonctionnaires civils et militaires, préside le Conseil de la magistrature, peut dissoudre l’Assemblée (Art. 66)… Le pouvoir exécutif devient tentaculaire, sans réel contrepoids. Où est la séparation des pouvoirs ?
5. L’abolition de la peine de mort (Article 6)
Oui, l’interdiction de la peine de mort est une avancée en soi. Mais posée sans débat public, dans un contexte d’insécurité croissante, elle ressemble davantage à une tactique politique pour faire passer un texte impopulaire, qu’à un vrai progrès humaniste.
Ce référendum n’est pas une simple formalité. C’est une décision historique. Accepter ce texte, c’est risquer une dérive autoritaire, affaiblir nos institutions et trahir les espoirs démocratiques de nos martyrs et héros passés. Refusons les faux-semblants. Votons NON.
Pour une Guinée juste, ouverte, démocratique et forte.
Boubacar Dieng


Normalement le OUI et le NON doivent avoir la même couleur, pas de différence et pas d’indication ni orientation. L’électeur doit être libre de choisir sans contrainte.