Les procès en appel de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et de Dr Mohamed Diané devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ont été reportés une nouvelle fois. Une situation qui suscite l’indignation de leurs avocats qui dénoncent une justice instrumentalisée à des fins politiques.
L’audience prévue hier, jeudi 24 juillet, n’a pas pu se tenir en raison de l’absence d’un assesseur au sein de la composition dirigée par le juge Daye Mara, nécessitant une recomposition du tribunal. Un motif que Me Sidiki Bérété ne trouve pas convaincant. “Dr Kassory est malade, il est mourant, et Dr Mohamed Diané est affaibli”, a déclaré l’avocat devant la presse.
“C’est à eux de dire pourquoi on a renvoyé le dossier de Dr Kassory à cinq reprises. C’est le cinquième renvoi. Il est malade, il est mourant, on doit même faire semblant renvoyer systématiquement. Et la raison, ils la connaissent, je ne vais pas en parler. En ce qui concerne Dr Diané, les débats étaient vers la fin. À tout hasard, on enlève un conseiller et on veut renvoyer les débats après les élections. Quand on dit que la procédure-là est purement politique, c’est ce qui fait mal. La justice est liée à la politique. Mais qu’à cela ne tienne, on a besoin d’être jugés dans un délai raisonnable”, a-t-il martelé.

Cet homme en robe noire indique que la justice doit être équitable. “On a besoin d’une justice équitable, impartiale. Mais renvoyer sans justifier, les maintenir en prison, étant malades et mourants. Vous avez vu comment Dr Diané est affaibli ? Le meilleur juge, c’est Dieu. Au-delà de la loi et de la foi, le peuple de Guinée ne mérite pas ça. On a besoin d’apaisement. Libérez Dr Kassory, libérez Dr Diané ou jugez-les. Si vous refusez de les juger, libérez-les”, a insisté Me Sidiki Bérété.
“Ils ont juste renvoyé pour attendre après les élections. Ces juges-là sont en train d’exécuter des ordres. Ça se voit. Pour Kassory, c’est un cinquième renvoi. Pour Dr Diané, les débats ont pris fin. On a enlevé un magistrat pour mélanger la composition. Ce n’est pas normal”, a renchéri l’avocat.
Il affirme que “notre destin est entre les mains de Dieu. Je prie Allah de garder ce pays de toutes difficultés, parce que les citoyens méritent d’être jugés et respectés. Ils sont en prison sans procès désormais. Ça veut dire que la CRIEF fait preuve d’un déni. Ce n’est pas normal”.
S’exprimant sur le cas de l’ancien Premier ministre Kassory Fofana, l’avocat prévient que “si vous ne voulez pas le libérer, il va mourir entre vos mains et on va l’enterrer à Forécariah, c’est ce qu’on peut. Il est malade, il est mourant. Le rapport en fait foi, c’est actualisé. On a déposé la copie aussi pour ne pas être comptables de l’histoire. C’est la même chose pour Dr Diané. On est à quatre années de détention préventive dans une République”.
En colère, il qualifie “le ministère public de marionnettes. L’article 486 est clair là-dessus. Quand quelqu’un est malade, la cour peut se déplacer pour l’interroger. La composition même n’existe pas. Il n’y a même pas de magistrat pour le juger présentement. La composition est bancale. Comment va-t-on le juger ? Ceux qui doivent le juger ne sont pas disponibles. Le parquet n’est qu’une simple marionnette dans l’affaire, là. Les choses sont plus sérieuses que ça. Lui, il fait son rôle, il est dans son rôle. Il installe le récit de façon laide et criarde. C’est un affront pour la dignité humaine. La loi dit qu’il ne peut pas y avoir plus de trois renvois devant la cour. Et on a fait combien de renvois ? Kassory a cinq renvois, Dr Diané a huit renvois. Et à la dernière minute, on veut changer la composition de la cour”.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info 00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com

