Santé scolaire et universitaire en détresse en Guinée : il est temps d’agir pour nos élèves et étudiants !
Le besoin urgent en santé scolaire et universitaire témoigne des graves problèmes de santé auxquels sont confrontés élèves et étudiants. Cette catégorie sociale, souvent négligée, fait face à de nombreux défis, notamment :
Les grossesses non désirées ou précoces ; les infections sexuellement transmissibles (VIH/SIDA, syphilis, herpès, hépatites, chlamydias, trichomonas…) ; la toxicomanie ; la délinquance juvénile ; les violences basées sur le genre, qui se perpétuent souvent à l’âge adulte.
Malgré la grandiose taille de ces problématiques, les structures sanitaires spécialement dédiées aux élèves et étudiants restent dramatiquement insuffisantes dans notre pays.
Depuis trois ans, je ne cesse de proposer aux dirigeants de meilleures pistes pour réformer en profondeur le système de santé scolaire et universitaire :
-Centres médicaux universitaires obligatoires : nos universités doivent impérativement disposer de centres médicaux bien équipés, avec du personnel qualifié (psychologues, médecins généralistes, gynécologues, spécialistes, ainsi que des points de vente de médicaments essentiels).
-Infirmeries dans les grands lycées : Tout lycée public comptant plus de 1000 élèves doit être doté d’une infirmerie, accompagnée d’un centre d’éducation à la santé et à la rééducation pour permettre aux jeunes de mieux comprendre et gérer leur environnement sanitaire.
-Centres de santé dans les écoles primaires : les écoles primaires dépassant 500 élèves doivent disposer obligatoirement d’un centre de santé scolaire, avec des infirmiers, des pédiatres et des points de distribution de médicaments essentiels, approvisionnés par la Pharmacie Centrale de Guinée.
-Missions de prévention et de soins : Ces structures ne doivent pas seulement soigner. Elles doivent faire de la prévention leur priorité à travers :
- Visites médicales régulières
- Campagnes de vaccination
- Sensibilisation à la santé publique
-Centres d’écoute et de soutien psychologique : Chaque structure scolaire ou universitaire doit intégrer un centre d’écoute au sein de son dispositif médical. Ces espaces doivent offrir un accompagnement psychologique adapté aux réalités des élèves et étudiants.
-Suivi des activités dans ces établissements concernés : Les responsables de ces institutions doivent veiller à la bonne application de ces mesures et assurer un suivi rigoureux des activités.
-Subvention et accessibilité des soins : Pour pérenniser ces acquis, une subvention des médicaments essentiels est indispensable. Cela rendra les services accessibles et renforcera l’efficacité des agents de santé.
-Mobilisation des partenaires et des ministères : Les partenaires techniques et financiers de l’État peuvent jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de ce projet, qui contribuera à réduire les violences basées sur le genre et la transmission des maladies.
Il est aussi nécessaire d’impliquer impérativement les ministères (Santé, Éducation, Enseignement supérieur, Action sociale, Finances, Travaux publics, etc.) dans l’évaluation des sites d’implantation et la définition des coûts d’infrastructure.
Les autorités de la transition doivent intégrer cette réforme parmi les priorités de la refondation nationale. Aucune société ne peut s’épanouir en tournant le dos à la santé de sa jeunesse.
Dr Karamo Kaba
Spécialiste en Santé Publique & Prévention
Auteur des Livres
- Au prix de la Vocation
- Les secrets du couple
Email : tatakaba66@gmail.com

