Tibou Kamara descend le procureur : ‘’il ne peut pas ouvrir une procédure contre un ministre sans avoir été saisi…’’
[dropcap]L’[/dropcap]affaire Zenab Nabaya Dramé, accusée de détournement de 200 milliards GNF, continue de susciter des débats. Le ministre de l’industrie, des petites et moyennes entreprises n’est pas d’accord avec le procureur de la République qui engage une procédure judiciaire contre la ministre de l’Enseignement technique.
‘’L’instruction qui a été donnée au procureur, c’est de poursuivre les journalistes pour diffamation. Parce que nous estimons que l’information qui a été donnée n’est pas la bonne. Mais nous avons dit que nous accordons le bénéficie du doute aux journalistes. S’ils arrivent à prouver que la ministre a effectivement détourné le montant qui a été mis en cause, en ce moment, on peut passer à une étape qui est la mise en cause de la ministre pour offrir effectivement une procédure contre elle’’, indique le ministre d’Etat chargé de l’Industrie et des PME.
Avant de souligner : ‘’Il n’y a jamais eu une procédure initiée contre la ministre de l’Enseignement technique. La seule et unique procédure que le gouvernement a demandée d’ouvrir, c’est contre les journalistes pour établir la véracité de l’information qui a été donnée’’.
Selon Tibou Kamara, ‘’le mandat que le procureur a reçu, c’est de poursuivre les journalistes. S’ils ont raison, ce dont nous doutions comme le communiqué l’indique, en ce moment, la ministre est mise en cause. S’ils ont tort comme nous le pensions, qu’ils soient poursuivis pour diffamation. C’est l’unique procédure que le gouvernement a demandée d’engager’’.
‘’Dans l’entendement de certains, d’un côté les journalistes doivent être poursuivis, de l’autre coté la ministre doit être poursuivie. Non ! Il n’a jamais été question de cela’’, note-t-il. Aussi, poursuit-il, ‘’j’ai entendu dire qu’on ne devrait pas reconduire la ministre en attendant l’issue de la procédure judiciaire engagée contre elle. Pourtant, il n’y en a pas eu’’.
Pour lui, ‘’c’est d’autant plus regrettable que finalement, l’accusé est devenu témoin et la plaignante est devenue accusée. Il y a eu un mélange de genres extraordinaire qui a continué à entretenir le flou et à créer le doute au sein de l’opinion sur la moralité de la ministre et la crédibilité du gouvernement’’.
Le conseiller spécial du président de la République affirme que ‘’le seul magistrat qui n’est pas indépendant dans l’appareil judiciaire, c’est le procureur. Le parquet est nommé par le ministre de la Justice. C’est le représentant de l’Etat au sein de la justice’’. Donc, enseigne-t-il, ‘’il ne peut ouvrir une procédure contre un ministre sans avoir été saisi. En ma connaissance, il ne s’est pas autosaisi de l’affaire. Elle a été portée devant lui par le gouvernement qui s’est senti offensé par un article de presse qui met en cause sa crédibilité et sa réputation’’.
D’ailleurs, fait-il remarquer sur Djoma TV, ‘’cela pourrait même troubler l’ordre public. Quand vous parlez des milliards de francs guinéens détournés au sein d’un gouvernement, ça crée un sentiment de révolte. Parce que ça donne l’image de la mauvaise gouvernance. C’est pour cela que nous avons souhaité que la lumière soit faite dans cette affaire’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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