[dropcap]L[/dropcap]e vice-président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD), Ibrahim Keita, arrêté le 14 octobre en compagnie du reggaeman Elie Kamano, a été condamné à un an de prison, dont six mois 6 mois assortis de sursis, pour attroupement non autorisé.
Libre depuis le 28 novembre dernier après un mois et demi de détention, ce lieutenant de l’opposant Misbaou Sow a retrouvé les siens, en attendant la suite de l’affaire le jeudi 5 décembre prochain à la cour d’appel de Conakry. A VisionGuinee, il a accepté de raconter son séjour carcéral…
A propos de son arrestation avec Elie Kamano
Nous avons été arrêtés le 14 octobre à la Tannerie. C’est une arrestation abritraire. C’est d’ailleurs un kidnapping. J’étais avec le président Elie Kamano quand des gars armés sont venus nous arrêter pour nous conduire à la CMIS de Matoto, puis à la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ). Là, on nous a interrogés en l’absence de nos avocats. On nous a photographiés comme si nous étions des malfrats, des bandits, des assassins et des criminels. On nous a torturés moralement.
De la DPJ à la maison centrale
Au cours de l’interrogatoire, ils nous ont demandé comment fonctionnent nos partis politiques et le FNDC. Nous avons préféré ne pas nous prêter à certaines questions. Par la suite, nous avons été conduits au tribunal de Mafanco. Nous n’avons pas fait 5 minutes là-bas, on nous a placés sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry où nous avons trouvé nos camarades du FNDC, Abdourahamane Sanoh, Koundouno, Badra Koné et autres.
Le séjour carcéral
La maison centrale n’est pas un endroit idéal pour un être humain, surtout nous qui nous battons pour la liberté des individus et la démocratie dans ce pays. C’est un lieu où il n’est pas facile à vivre. Nous avons vécu un calvaire, mais avec la gentillesse du régisseur, on nous a permis de sortir la journée dans la cour pour prendre l’air. Nous étions enfermés de 18h à 8h du matin. Les conditions étaient précaires. La maison centrale est pleine à craquer.
Liberté provisoire
C’est une liberté provisoire même si nous savons qu’il n’y a pas de liberté provisoire. C’est la détention qui peut être provisoire, pas une liberté. On est passé à la cour d’appel de Conakry, c’est là qu’on nous a libérés provisoirement jusqu’au 5 décembre.

