[dropcap]L’[/dropcap]opinion doit savoir lorsque Thierno Saidou Diallo connu sous le nom de Tierno Monenembo s’en prend à la transition dirigée par le Colonel Mamadi Doumbouya, il ne cherche pas à plaire à une partie de Guinéens. Ce grand auteur du 20e et du 21e siècle est l’incarnation de l’intellectuel honnête de l’Afrique.
Le natif de Porédaka n’a pas sa langue dans sa poche et il dit haut et fort ce qu’il croit être bon pour sa nation, la Guinée. Ce qui le caractérise surtout, c’est sa constance dans le temps. On peut même dire qu’il est le plus constant des Guinéens.
Lors de la prise du pouvoir par le CNRD, l’écrivain guinéen faisait partie de ceux qui ont pris leur plume pour exprimer et magnifier la bravoure du Colonel-Président Doumbouya, non pas parce qu’il soutient un changement anticonstitutionnel du régime de Conakry, mais plutôt parce qu’il considère le coup d’Etat du 05 septembre comme une libération du peuple de Guinée d’un régime oppresseur.
Tierno Monenembo n’a rien dit de mal au régime civilo-militaire qui dirige actuellement la Guinée. Son inquiétude était que, comment peut-on donner le nom de Sékou Touré à l’Aéroport International de Conakry.
Personnellement, je le comprends parfaitement. Certes, le président Sékou Touré a été un grand panafricaniste, un grand leader africain, bref un leader charismatique qui a su conduire les peuples. Mais le président Sékou Touré est aussi celui qui a fait tuer plus de 50 milles Guinéens de toutes ethnies confondues. Pour rappel, les familles nobles de la Haute Guinée et du Fouta étaient particulièrement visées par le régime du PDG, et il ne visait pas simplement une ethnie.
C’est pourquoi, dire que Tierno Monenembo est communautariste, c’est mal le connaître. Ce grand savant de la littérature défend tous les victimes du régime totalitaire du PDG, et digère mal le fait d’avoir renommé l’Aéroport international Gbessia, Aéroport International Ahmed Sékou Touré.
Mais au nom de la réconciliation, les Guinéens doivent accepter ce nouveau nom de l’Aéroport et conjuguer le même verbe comme les Sénégalais ou les Libériens le font au plus près de nous. Donc Tierno Monénembo a raison de s’en prendre au Colonel-Président pour ce geste, mais le plus important, c’est la reconnaissance officielle des crimes sous le régime Sékou Touré pour enfin qu’ensemble, les Guinéens tournent cette page douloureuse de l’histoire.
Mamadou Oury BALDE
Doctorant en science politique
Université de Bordeaux, France

