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A Bissau, le devoir de la normalité

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Soutra

Cette semaine, notre regard se tourne vers la Guinée-Bissau. Dans ce beau pays verdoyant en transition politique, les élections générales programmées pour le 6 décembre 2026 approchent à grands pas. Et le débat public reste monopolisé par l’ancien président Umaro Sissoco Embaló et le leader historique de l’opposition, Domingos Simões Pereira.

Bissau n’a plus le droit à l’erreur. La parenthèse politique actuelle doit impérativement déboucher sur un retour sincère à la légalité républicaine.

Dans notre Afrique de l’Ouest secouée par les incertitudes, la trajectoire bissau-guinéenne revêt une portée symbolique qui mérite d’être soulignée. À l’exception notable du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la quasi-totalité des États de la sous-région fait le choix clair de la stabilité institutionnelle. La légitimité découle désormais de la souveraineté populaire validée par les urnes.

Le processus de retour à l’ordre constitutionnel, initié après les événements de novembre 2025, avance dans un climat sociopolitique pesant. Le référendum constitutionnel du 30 août 2026 instaure un régime présidentiel fort.

La réquisition du siège historique du PAIGC, le 24 septembre, et le blocage du retour d’Umaro Sissoco Embaló, le 4 octobre, illustrent la vive polarisation sur le terrain. L’appel récent de la société civile auprès de la CEDEAO traduit l’urgence d’un apaisement durable.

Au-delà des enjeux politiques, la Guinée-Bissau recèle des atouts exceptionnels avec son archipel féerique des Bijagos, ses plages préservées et ses populations d’une hospitalité légendaire.

Ce beau pays verdoyant au potentiel touristique immense mérite de retrouver la sérénité pour rayonner à sa juste valeur sur la scène internationale.

La préservation de ce riche patrimoine humain et naturel offre aux autorités de transition un socle solide pour guider avec méthode le retour à la normalité constitutionnelle.

La concrétisation de cet idéal républicain appelle une synergie constructive avec les États de la sous-région et le concours harmonieux de l’ensemble des amis de la Guinée-Bissau. Oui !

Après la parenthèse sous le mandat du président Embaló, la Guinée-Bissau doit prouver sa capacité à consolider des institutions fortes pour le présent et l’avenir.

La nation bissau-guinéenne possède les ressources morales et politiques pour réussir ce rendez-vous. La tenue d’un scrutin libre, transparent et inclusif constitue la seule voie praticable. C’est le prix de la paix sociale et du développement économique.

Le respect des libertés publiques et l’ouverture d’un dialogue constructif constituent la seule voie qui vaille la peine d’être suivie par l’ensemble des acteurs. La sous-région attend de Bissau un signal fort de maturité républicaine.

Pour que ce duel ne paralyse pas le processus, un sursaut collectif s’impose. Ce pays a soif de démocratie. Cette démocratie, disons-le et écrivons-le, ne s’improvisera pas le 6 décembre 2026, jour des élections. Ses jalons se posent dès aujourd’hui dans l’apaisement, la retenue et le respect des principes et lois établis.

Par Alpha Abdoulaye Diallo, in Le Populaire du 5 octobre 2026.

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