[dropcap]I[/dropcap]brahima Timbo Bah est opérateur culturel résident en Belgique depuis plusieurs années. Président du groupe des associés des hommes d’affaires Guinéo-Turques, Timbo Bah est aussi Fondateur du Festival Peulh international, et initiateur du Festival du film d
e Guinée en Belgique. Une façon pour lui de promouvoir la culture Guinéenne en Europe. De passage en Guinée, il s’est prêté aux questions de notre reporter. Entretien !
Vision Guinée: Ibrahima Timbo Bah, vous organisez depuis quelques années le Festival Peul international. De quoi s’agit-il concrètement ?
Ibrahima Timbo Bah : Le festival Peulh est une plateforme de rencontres mobilisant chaque année au moins cinq mille personnes venant de la Guinée, de l’Afrique Centrale, du Cameroun, du Nigeria et autres pays de l’Afrique. Cette rencontre annuelle est devenue pour de nombreuses familles Peulhs résidents en Europe de découvrir leurs cultures traditionnelles. Le Festival Peulh international permet de valoriser davantage notre culture et de vendre celle-ci à travers le monde entier. Durant le Festival, nombreux sont ces artistes, de par leurs talents, qui émerveillent le public festivalier en présence de nombreuses personnalités des pays concernés et ceux du pays hôte.
Dites-nous comment mesurez-vous l’impact ce festival en Belgique le pays dans lequel vous vivez…
Après plusieurs éditions, nous devons admettre que la communauté Belge et même celles de plusieurs autres pays sont imprégnées de la culture guinéenne dans sa diversité. Le festival peulh international a permis à des familles de se reconnaitre à travers la culture. Les enfants quant à eux découvrent, la première fois pour certains, la culture de leurs parents.
Au fil des ans, le festival est devenu un rendez-vous incontournable pour les enfants nés en Europe. Il permet aussi à la diaspora de s’exprimer librement dans sa langue Peule dans un confort total et une aisance plus que parfaite. De l’autre côté, grâce aux différents films qui sont produits en Guinée, les auteurs sont conviés lors de la cérémonie pour défendre et vendre leurs produits.
Peut-on s’attendre un jour à une délocalisation de votre Festival dans d’autres pays de l’Europe où la communauté peule est fortement représentée ?
Oui nous y pensons. Mais je dois dire que l’organisation du Festival Peulh international coûte très cher. Le gouvernement Belge, Walon, Flamand et Fédéral participe à hauteur 70%. Donc, le coût élevé pour son organisation est un facteur qui nous empêche de délocaliser le festival pour le moment dans d’autres pays comme l’Espagne et la France qui ont une forte présence de la communauté Peule. je rappelle qu’en 2011, j’avais proposé que le festival devait se dérouler en Guinée malgré le coût exorbitant. Malheureusement, sur le milliard de Francs Guinéens que cela allait couter, seuls sept cent millions avaient été obtenus.
Opérateur culturel que vous êtes, comment collaborez-vous avec les promoteurs culturels guinéens ?
Ben j’ai conscience que chacun vit de ce qu’il fait dans le domaine qu’il exerce. J’ai souvent évité de me mêler dans des affaires internes entre artistes, musiciens et promoteurs locaux. J’attends toujours le produit final pour le mettre en valeur sur le plan international. Ce qui me permet d’aider des artistes à gagner leur vie grâce à leurs œuvres artistiques.
Des projets culturels à court terme en perspective pour la Guinée ?
Je compte revenir en Guinée pour mettre en place une entreprise culturelle. Je ne viens pas pour faire peur à X ou à Y. Mon projet est spécifique et à la longue, il permettra à ceux qui travailleront avec moi de vivre du fruit de leur travail. Pour cela, il faudra créer des conditions idoines qui permettront aux artistes et aux cinéastes guinéens de vivre du fruit de leurs produits.
Un mot à l’endroit des promoteurs culturels Guinéens ?
Disons que j’ai été impressionné par le talent des jeunes qui, malheureusement n’ont pas de soutien pour valoriser leurs potentiels. Je demande aux promoteurs culturels locaux d’essayer de trouver des solutions pour dénicher ces talents cachés. Ils ont la capacité et le talent en eux, il suffit juste de les appuyer et le reste ira de mieux. Aux jeunes artistes, de ne pas baisser les bras malgré les conditions difficiles. Ils doivent faire face à la sous-région ou à l’extérieur. Durant mon séjour, j’ai détecté 3 artistes à j’ai promis un soutien et accompagnement.
Entretien réalisé par Boubacar Sidy BAH, pour VisionGuinee.Info
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