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A quand la quasi-gratuité de l’Internet en Guinée ?  

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Soutra

S’il y a un sujet qui fait de nos jours l’objet d’un consensus en République de Guinée, c’est bien celui portant sur l’accès à une connexion internet fiable et de qualité. Bon nombre de consommateurs se plaignent en longueur de temps de la pratique malsaine des opérateurs de la téléphonie mobile plus particulièrement d’Orange Guinée qui vivrait sur le dos des paisibles citoyens avec la complexité active de l’administration publique.

Et pourtant, s’ils ont facilité (les opérateurs GSM) l’accès à la connexion mobile à travers les technologies 3G et depuis peu 4G chez deux (2) de nos opérateurs, même si le dernier qui l’a annoncé ne vend que du vent (simple mensonge) à ses abonnés (la 4G de ce dernier n’étant accessible uniquement qu’à Coléah et quelques quartiers de Conakry), il reste encore du chemin à parcourir car, il faut être très riche pour espérer souscrire à un abonnement Internet mobile stable en Guinée.

Avec une population aussi pauvre (plus de 60% des guinéens étant touchés par la pauvreté multidimensionnelle aux dernières nouvelles) et des salaires aussi bas (une moyenne de GNF 2 000 000 soit environ pour un fonctionnaire de l’Etat), même en renonçant à certaines dépenses prioritaires, la majeure partie des fonctionnaires de l’Etat, ne peut se permettre d’acheter un pass Internet pour songer de naviguer. Du coup, l’Internet est encore un luxe pour une frange importante de la population.

L’objectif de cette tribune est de passer en revue e sujet d’enjeu afin d’éclairer la lanterne de l’opinion publique mais aussi des autorités publiques sur les véritables enjeux des réformes à entreprendre dans ce secteur.

Du taux de pénétration d’internet et d’un débit quasiment bas

Suivant les statistiques disponibles sur le site de l’ARPT, il y a environ 14.4 M d’abonnés à la téléphonie mobile en Guinée, pour un taux de pénétration de 116%. S’agissant du cas particulier de l’internet, nous avons à ce jour 6.092 M d’abonnés pour un taux de pénétration de 48%.

Ces chiffres contrastent légèrement avec ceux du Sénégal (10.19 M d’internautes en janvier 2023 pour un taux de pénétration d’Internet qui s’élevait à 58% de la population totale). Des chiffres bien loin également de ceux de la Côte d’Ivoire (12.94 M d’internautes en janvier 2023 avec un taux de pénétration d’Internet qui tourne autour 45% de la population totale.

Parlant d’ailleurs de la Côte d’Ivoire, il convient toutefois de rappeler qu’en 1997, un an avant cette dernière, la Guinée a accueilli en collaboration avec les Etats-Unis les premières installations pour construire son réseau Internet à travers le projet « Initiative Leland » avec un débit de 128kb/s. du coup, La SOTELGUI a été désigné pour la circonstance pour assurer la gestion du nœud national. Ceci dit, en 2018, après 21 ans, on avait une vitesse de téléchargement de 0,65 Mbps contre 1,40 Mbps au Sénégal, 1,70 Mbps pour Côte d’Ivoire et 2 ,88 Mbps au Ghana).

En 26 ans, n’eût été les efforts fournis par Orange Guinée au niveau de la téléphonie mobile, la connexion Internet ne serait pas améliorée à ce jour. Et, pourtant, avec une simple volonté politique, le Madagascar, avec sa vitesse d’Internet haut débit, les malgaches pouvaient télécharger en 2018, un film HD d’un volume de 5Go en 27 minutes et 27 secondes cf. Rapport de l’Agence Ecofin – La Worldwide Broadband Speed League.

Des tarifs appliqués en local et des pratiques d’ailleurs 

De nos jours, il faut un minimum de GNF 14 000 pour 1,2 Go et GNF 31 000 pour 2,7 Go chez le seul opérateur qui fait des offres dignes de ce nom. Comparativement à la situation de 2013-14, 1Go de connexion Internet valable 24 heures tournait en moyenne autour de GNF 5 400. Aujourd’hui, pour avoir près de 4,5 Go de connexion, l’on est obligé de dépenser GNF plus de 50 000 alors qu’avant, 2 Go ne coûtaient GNF 9 000. Comme si tout cela ne suffisait pas, il faut un minimum de GNF 260 000 pour espérer obtenir une connexion de 30 Go qui n’arrive jamais à dépasser les 3 semaines avec nous alors qu’en France, avec moins de 20 euros, vous avez une connexion internet de 100 Go avec appels et SMS illimités vers tous les pays de l’Union Européenne.

Chacun peut évaluer en ce qui le concerne, combien de fois, l’accès à internet est devenu plus en plus cher dans ce pays. Cependant, l’analyse comparative avec d’autres pays de la sous-région notamment le Sénégal et la Côte d’Ivoire révèle que les tarifs appliqués en République de Guinée sont quasiment les mêmes que ceux de ces deux (2) pays de la sous-région cités ci-dessus où d’ailleurs deux (2) de nos principaux opérateurs téléphoniques sont représentés avec quelques différences prêts en matière de capacité et de montant qui s’expliquerait certainement par la hausse de la taxe sur la téléphonie mobile mais aussi et surtout de la volatilité du GNF.

De la hausse successive des taxes sur les opérateurs de la téléphonie mobile au boycott des produits d’Orange Guinée  

Si de nos jours la consommation des produits de la téléphonie mobile devient de plus en plus compliquée pour les guinéens, c’est en grande partie à cause des taxes multifacettes imposées par les autorités guinéennes depuis un certain temps. C’est suite à la hausse de la Taxe sur la Consommation Téléphonique (TCT), qu’Orange Guinée (principal opérateur GSM du pays) à travers un communiqué une augmentation des services et offres de télécommunications à compter du mercredi 1er juillet 2015.

Cette nouvelle taxe, instituée par le gouvernement à travers la loi L/2015/N°002AN du 20 mars 2015, avait ainsi touché l’appel téléphonique fixe et mobile, l’interconnexion et le roaming, selon le communiqué conjoint publié le 8 juin 2015 par les ministres du Budget des télécommunications. C’est de la même manière qu’un communiqué publié le 25 janvier 2016 par le Ministre du Budget, a annoncé de nouvelles modifications fiscales dans la Loi de Finances 2016, adoptée le 16 janvier 2016. Ces modifications ont permis d’introduire des nouvelles taxes la taxe sur le SMS et la data. Le SMS coûtera désormais GNF 10 tandis que la taxe sur l’accès à Internet représentera 5% du montant du forfait souscrit. Il y a aussi la TVA, la taxe pour les trafics entrants à l’international et les redevances payées à l’Autorité de régulation.

Comme si tout cela ne suffisait pas, l’ARPT a créé une nouvelle taxe appelée Taxe Interconnexion pour les appels internes suite au constat de la hausse du volume de ces derniers. Pour ce faire, elle a diminué tout d’abord la taxe inter-opérateur de GNF 30 à GNF 20, puis a fixé la nouvelle taxe à GNF 30. Cette nouvelle taxe est venue ainsi mettre fin à la gratuité (bonus hebdomadaire par exemple). Tous ces impôts ont asphyxié le marché télécom guinéen car toujours supportés les consommateurs qui voient ainsi leur pouvoir d’achat s’effriter du jour au lendemain. Dans ce nouveau contexte, il est clair que les bonus et autres promotions lancées par les opérateurs devaient être supprimés.

De la consommation abusive des pass internet par les opérateurs de la téléphonie mobile

Bon nombre d’utilisateurs ne se retrouvent pas avec le mode consommation de la connexion Internet de la plupart des opérateurs GSM implantés en Guinée car, juste après avoir souscrit à un forfait Internet à connotation jour ou semaine, à peine vous l’avez utilisé qu’on vous envoie un message d’alerte vous invitant à souscrire à nouveau à un autre forfait si vous souhaitez continuer à surfer sur Internet.

La même chose est observée au niveau des forfaits mensuels qui ne durent au maximum que deux (2) semaines. Et, si par hasard, vous estimez que pour ne pas consommer rapidement votre forfait, la solution serait de vous déconnecter juste après s’être connecté, quelques minutes plus tard, on vous signale que votre forfait est épuisé car étant basé sur le volume et non sur le délai indiqué comme le mentionne son intitulé.

Ce n’est pas pour rien que de nos jours la plupart des guinéens qui ont les moyens s’offrent le luxe d’acheter en même temps 2 téléphones dont un ayant 2 puces à l’appui pour pouvoir jongler d’un opérateur à un autre avec l’espoir qu’ils trouveront satisfaction avec ce mécanisme. Fort malheureusement, la connexion internet se résume uniquement à celle offerte par Orange Guinée. MTN et Cellcom ne sont qu’à l’année 0 comparée à Orange en dépit de toutes les critiques.

Cette situation nous pousse à nous interroger sur la vraie capacité des forfaits internet qui sont proposés à des prix parfois exorbitants. Cela se ressent à travers les multiples échanges que l’on constate en longueur de temps surtout sur les réseaux sociaux où plusieurs jeunes brandissent en longueur de temps des preuves indiscutables sur cette problématique. Et si le pass internet qu’on nous vendait ne correspondraient pas à ce à quoi on aurait souscrit ?

Des suggestions 

En somme, nous suggérons, en tant que citoyen guinéen fidèle consommateur, des produits téléphoniques et soucieux de l’avenir de ces institutions créatrices d’énormes emplois dans ce pays, que cette situation cesse.

Les institutions en charge de la défense des consommateurs guinéens, devraient se saisir de toutes les violations et/ou tentatives de violation des droits des consommateurs et apporter des solutions aux problèmes dont souffre ce peuple car, elle est de loin, une priorité pour les gouvernants.

De plus, nous pensons que l’accès à internet devrait être plus gratuit car il favorise l’émergence de l’e-commerce qui d’ailleurs est sur le point de prendre une véritable ampleur dans notre pays. Car, bon nombre de jeunes se sont lancés de nos jours dans la création de contenu web à travers lesquels, ils participent à leur façon au développement économique de la Guinée. Ces jeunes traversent d’énormes difficultés qui les empêchent même parfois de faire face à leur activité en raison de la cherté d’internet en Guinée mais également des pass en Giga que sur du papier mais, qui ne représentent rien en réalité.

Nous ne saurons pas terminer cette analyse sans pour autant prétendre apporter quelques pistes de solution bien que n’étant pas spécialiste du domaine. Toutefois, nous pensons que les mesures suivantes doivent être prise pour le bien être des guinéens :

i) Pôner la concurrence via l’installation des autres acteurs de la téléphonie mobile afin de fluidifier l’offre ; ii) mettre en place d’infrastructures nécessaires à l’accès à large bande de capacité ; ii) améliorer la qualité de la bande passante nationale ; iv) trouver les voies et moyens pour lancer des offres illimitées de haut débit sur toute l’étendue du territoire national etc.

Safayiou DIALLO
Fidèle consommateur des produits de la téléphonie mobile

Soutra
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