Le président du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, a réagi aux dernières annonces relatives au recrutement de nouveaux enseignants. Lors d’une rencontre avec la presse organisée par l’intersyndicale de l’éducation, ce 21 septembre à Conakry, il a dénoncé ce qu’il considère comme une remise en cause des engagements contenus dans le protocole d’accord conclu entre les organisations syndicales de l’éducation et le gouvernement.
Pour Aboubacar Soumah, la situation actuelle concerne la défense des droits des travailleurs du secteur de l’éducation. Il estime que les organisations syndicales ne peuvent rester sans réaction face à ce qu’elles considèrent comme une violation de leurs engagements.
“L’appel d’aujourd’hui est un point d’honneur, parce qu’il s’agit du système éducatif et de nos droits qui sont en passe d’être violés. Nous ne pouvons pas baisser les bras face à cette situation”, a-t-il déclaré.
Selon le syndicaliste, le mouvement syndical ne peut pas rester la bras croisés face au recrutement de plus de 8 000 enseignants. Il estime que certaines dispositions annoncées ne seraient pas conformes aux engagements pris dans le protocole d’accord.
“Nous avons tenu à organiser ce point de presse afin d’exprimer notre position face à cette violation, qui est aujourd’hui de nature à compromettre la mise en œuvre du protocole d’accord signé par le ministre Bourouno lui-même, en sa qualité de signataire”, a-t-il indiqué.
Pour lui, toute procédure de recrutement qui ne respecterait pas les dispositions prévues dans le protocole d’accord constitue un motif suffisant pour les organisations syndicales de se mobiliser.
“Si une telle annonce est faite concernant un recrutement qui ne respecte pas les dispositions indiquées dans notre protocole d’accord, il est de notre droit de nous réunir aujourd’hui pour répondre à cette situation”, a ajouté Aboubacar Soumah.
L’ancien secrétaire général du SLECG assure que la position exprimée au cours de la rencontre avec la presse s’inscrit dans la continuité des discussions menées au sein des différentes organisations syndicales de l’éducation.
“Nous allons exprimer les sentiments que nous avons déjà dégagés au niveau des assemblées générales tenues par les différentes organisations syndicales”, a-t-il conclu.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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Éducation en Guinée : la grève, un droit légitime mais aux conséquences lourdes.
Conakry, 22 septembre, alors que les tensions persistent entre le gouvernement et les organisations syndicales de l’éducation, la question du recours à la grève revient au centre du débat. Si ce droit est garanti par le Code du travail guinéen, son exercice dans le secteur éducatif soulève des interrogations majeures sur la continuité du service public et la protection des droits des élèves.
Un droit encadré mais aux effets collatéraux
La grève est un droit constitutionnel et légal reconnu aux travailleurs. Toutefois, son usage dans l’enseignement entraîne des conséquences directes sur le système éducatif. Les programmes scolaires risquent de ne pas être achevés convenablement, et la qualité de l’enseignement est compromise. La question se pose : les élèves recevront-ils un enseignement complet et conforme aux objectifs pédagogiques fixés par l’État ?
Les limites du protocole d’accord
Les syndicats invoquent le non-respect du protocole d’accord signé avec le gouvernement. Or, juridiquement, ce protocole n’a pas valeur de loi cadre ni de loi spéciale. Il s’agit d’un engagement contractuel, qui ne peut prévaloir sur les dispositions légales en vigueur. En cas de violation, les voies de recours appropriées sont celles prévues par le droit : saisine des juridictions compétentes, médiation etc. Le boycott des cours, en revanche, fragilise davantage le système éducatif et pénalise les élèves.
Les conditions de vie des enseignants
Un autre aspect juridique et social mérite attention : le droit à une rémunération décente. Un enseignant dont le salaire ne couvre pas les besoins primaires : logement, alimentation, santé, pensions alimentaires ne peut exercer convenablement sa mission. Le risque est grand de voir la qualité de l’enseignement se dégrader, faute de conditions de vie dignes.
Vers des solutions alternatives
Plutôt que de se limiter à une augmentation salariale, le gouvernement pourrait envisager des mesures sociales plus globales et juridiquement sécurisées :
Accorder des denrées alimentaires de base aux enseignants ;
Prise en charge sanitaire intégrale (100 %) pour les enseignants et leurs familles ;
Mise en place d’un logement social spécifique aux enseignants ;
Avantages sociaux complémentaires (transport, bourses scolaires pour les enfants des enseignants).
Ces options, inscrites dans une logique de protection sociale, seraient plus efficaces et durables que de simples ajustements salariaux.
Conclusion
La grève, si elle reste un droit, n’arrange ni les syndicats ni le gouvernement. Sa conséquence directe pèse sur le système éducatif et compromet l’avenir des élèves. Le véritable enjeu est de concilier le respect des engagements sociaux avec la continuité du service public de l’éducation. Le recours aux voies légales et la mise en œuvre de solutions sociales concrètes apparaissent comme les pistes les plus constructives pour sortir de l’impasse.
D’après OUSMANE MOHAMED CAMARA, juriste en droit minier.
Bonjour,
C’est très dommage pour le système éducatif guineen d’avoir des syndicats qui ignorent la notion de concours.
Dites leur que concourir n’est pas synonyme d’avoir la moyenne mais plutôt de prendre les meilleurs parmi ceux ont la moyenne en tenant compte du quota.