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Aboubacar Soumah se désolidarise de l’intersyndicale FSPE-SNE : ‘’Il n’est pas question d’aller en grève’’

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Soutra

L’intersyndicale FSPE-SNE a annoncé son intention de déclencher une grève à partir du 20 avril prochain. Elle accuse les autorités de ne pas respecter les engagements pris, notamment en ce qui concerne les conditions de travail des enseignants. Mais cette décision ne fait pas l’unanimité au sein du mouvement syndical.

Dans un entretien accordé à la rédaction de VisionGuinée ce lundi 13 avril 2026, le secrétaire général du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, a indiqué que son organisation ne soutient pas cet appel à la grève, invoquant des raisons liées au respect du dialogue social en cours.

‘’Nous avons tous appris la tenue de leur assemblée générale au cours de laquelle ils ont décidé de déclencher une grève à partir du 20 avril. Mais nous, au SLECG, nous avons tenu notre propre assemblée générale le jeudi passé, et notre position est très claire’’, a-t-il déclaré.

Le leader syndical insiste sur la nécessité de privilégier les mécanismes légaux avant toute action radicale. ‘’Nous sommes un syndicat responsable, respectueux des règles juridiques qui encadrent l’action syndicale. Il n’est pas question d’aller en grève lorsque les voies de recours ne sont pas épuisées. Quand nous sommes autour de la table de négociations et que le gouvernement est ouvert au dialogue, il est hors de question d’abandonner ces discussions pour déclencher une grève’’, a-t-il martelé.

Poursuivant ses propos, Aboubacar Soumah rappelle que plusieurs avancées ont été enregistrées depuis la signature du protocole d’accord avec le gouvernement. « 

‘’On ne déclenche pas une grève dans l’euphorie ou pour menacer. La grève intervient seulement lorsque toutes les voies sont épuisées. Or, aujourd’hui, nous sommes en train de discuter. Un protocole d’accord a été signé et il est en cours d’application. Plusieurs points ont déjà été exécutés, notamment les augmentations salariales et le déblocage de salaires en souffrance depuis 2023 et 2024’’, a-t-il expliqué.

Selon lui, une commission, mise en place depuis décembre 2025 poursuit le traitement des dossiers des enseignants. ‘’Au fur et à mesure que les dossiers sont examinés et validés à la fonction publique, les salaires sont payés directement aux enseignants concernés. Il n’y a donc pas de blocage justifiant une grève aujourd’hui’’, a-t-il ajouté.

Le responsable du SLECG évoque également le moratoire de 100 jours accordé au gouvernement à la demande du Conseil national du dialogue social (CNDS). ‘’C’est nous-mêmes, syndicats, qui avons accepté ce moratoire après l’élection du président, pour lui permettre de mettre en place son gouvernement et relancer les discussions. Ce délai a pris fin le 11 avril, et depuis, des commissions ont été installées pour reprendre les négociations, notamment sur le statut particulier de l’éducation’’, a-t-il précisé.

Dans ce contexte, Aboubacar Soumah s’interroge sur la pertinence de l’appel à la grève. ‘’Quand vous êtes engagés dans un processus de dialogue, que des commissions sont déjà à pied d’œuvre pour reprendre les négociations, comment peut-on, dans le même temps, programmer une assemblée générale pour déclencher une grève ? Cela ne nous paraît pas responsable’’, a-t-il conclu.

Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com

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