[dropcap]L[/dropcap]e porte-parole de l’opposition dit n’avoir rien contre le basculement de l’Union des forces républicaines (UFR) dans le camp présidentiel. Aboubacar Sylla déclare cependant ne pas comprendre comment un parti très critique contre un régime et peut s’allier à celui-ci.
“Je ne dirai pas que le fait que des partis politiques quittent l’opposition avec leurs structures, leurs capacités stratégiques de réflexion, leurs militants, ne cause pas un préjudice. Mais ce préjudice est largement compensé par de nouveaux venus”, a indiqué le député Aboubacar Sylla, qui souligne qu’avec le départ de l’UFR de l’opposition, “nous avons aujourd’hui moins de querelles, moins de guerres d’égo, les consensus sont plus faciles à obtenir parce qu’on examine les problèmes de façon rationnelle”.
“Beaucoup de choses se passaient au sein de l’opposition que moi, en tant que porte-parole, me gardais de mettre à la portée du public. Tout ça c’était pour la cohésion de l’opposition mais il était extrêmement difficile d’avoir un point consensus parce que chacun tirait un peu dans tous les sens”, ajoute-t-il.
Il affirme qu’un “parti politique qui a vécu dans l’opposition pendant de longues années, en tenant des discours critiques à l’endroit du pouvoir, et que sans raison apparente, il change brutalement de posture en allant du côté du pouvoir qu’il critiquait, ça donne une mauvaise image de la classe politique vis-à-vis surtout des jeunes qui se méfient déjà des politiques en les traitant d’opportunistes et de menteurs”.
Ce qui est sûr, témoigne l’honorable Sylla, “je retiens que l’UFR, jusqu’à la veille de la présidentielle, avait fait une campagne agressive vis-à-vis du professeur Alpha Condé et de son régime. Leur slogan c’était ‘5 ans pour rien, nous sommes fatigués’”.
A un moment donné, enfonce, le président Sidya Touré parlait même du “déclin de la Guinée du fait de la gouvernance d’Alpha Condé”. Et puis sans raison, selon lui, et avant même la publication des résultats définitifs de la présidentielle, “l’UFR a commencé à se rapprocher de la mouvance. C’est son droit mais ces transhumances politiques qui ne s’adossent pas sur un argumentaire sérieux distrait les politiciens”.
Si le départ de Sidya Touré des rangs de l’opposition laisse un vide, Aboubacar Sylla précise que celui-ci a un certain acquis pour les adversaires du président Condé. “Aujourd’hui, nous avons une opposition débarrassée de tous les éléments qui avaient d’autres objectifs, des agendas cachés et de tous ceux qui ne se supportaient pas entre eux”. Parfois, révèle-t-il, “j’étais obligé de faire la navette entre certains leaders qui, vers la fin, ne se parlaient plus, même au téléphone alors qu’ils appartenaient tous à l’opposition. Mais aujourd’hui, on n’a plus ce problème”.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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