Du 26 au 29 octobre 2026, le monde entier a suivi avec grand intérêt la 5e session plénière du 20e Comité central du Parti communiste chinois (PCC), un important événement politique dont la portée dépasse largement les frontières de la Chine. Cette session plénière nous a offert l’occasion de revenir sur les ressorts de l’évolution extraordinaire de la Chine nouvelle et sur ce qui fait sa solidité intemporelle.
Pour comprendre l’historique trajectoire de ce grand pays, il est nécessaire de cerner le rôle du Parti communiste chinois, sa stratégie, sa capacité de mobilisation et son système de gouvernance dans la modernisation et le renouveau de la nation chinoise.
Depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949, le PCC occupe une place centrale dans la gouvernance du pays. Cette centralité s’affiche à travers les différentes étapes historiques de l’avènement de la Chine nouvelle : la reconstruction et l’unification du pays, la mise en place des fondements de l’industrialisation, la réforme et l’ouverture progressive engagées à partir de 1978, ainsi que la recherche d’un développement de haute qualité basé sur l’innovation et la transition écologique. L’une des caractéristiques essentielles de ce parcours, qui a produit de véritables miracles humains, réside dans la continuité de la planification stratégique.
Le rôle du PCC se manifeste constamment dans sa capacité à traduire les objectifs en programmes et à les mettre en œuvre à tous les niveaux. La planification stratégique à long terme a offert un cadre favorable aux investissements, à l’industrialisation, au développement des infrastructures et à l’innovation. L’un des résultats les plus remarquables de cette œuvre est l’éradication de l’extrême pauvreté. Plus de 800 millions de personnes ont été sorties de cette situation en quelques décennies, représentant près des trois quarts de la réduction mondiale de l’extrême pauvreté durant la même période.
La contribution du PCC à cette politique a notamment consisté à faire de la lutte contre la pauvreté un objectif national mobilisant tous les secteurs de l’administration et de l’économie. La « modernisation à la chinoise » traduit l’ambition de poursuivre le développement national en tenant compte des caractéristiques propres à la Chine. Elle comporte la transformation industrielle, l’innovation, l’amélioration du niveau de vie du peuple, la modernisation des services publics et la recherche d’un développement équilibré. Le renouveau national s’inscrit dans la perspective de la réalisation de la puissance économique, scientifique et technologique du pays.
Lors de cette 5e session, la lutte contre la corruption et le renforcement de la discipline au sein du Parti ont occupé une place centrale dans le programme. Cette lutte s’inscrit dans la stratégie d’une gouvernance rigoureuse. Elle associe surveillance, sanctions disciplinaires, responsabilité et consolidation des règles internes.
L’acte central de cette réunion demeure la résolution adoptée, qui consacre la poursuite avec une grande rigueur de la gouvernance du Parti. Sous l’impulsion du Secrétaire général Xi Jinping, le Parti communiste chinois réaffirme sa discipline intérieure, qui constitue l’un des éléments clés de la stabilité politique, de l’efficacité étatique et de la réalisation des grands objectifs assignés.
La résolution met l’accent sur plusieurs priorités, notamment : « le renforcement de la discipline politique et de la fidélité aux orientations du Comité central, l’amélioration des mécanismes de contrôle et de supervision des responsables publics et des cadres du Parti, l’intensification de la lutte contre la corruption, le renforcement du centralisme démocratique et de la capacité d’exécution des décisions, la promotion d’une nouvelle génération de cadres compétents, responsables et capables de répondre aux exigences de la modernisation chinoise ».
Ces dispositions traduisent la volonté de consolider la direction du Parti dans une période où la Chine fait face à des défis complexes. Il ressort de cette session la décision de tenir le 21e Congrès national du PCC à Pékin au cours du second semestre de l’année 2027.
À cet instant, l’observateur se pose la question de savoir quels enseignements les pays africains peuvent tirer de cette 5e session. À cet égard, nous notons que l’expérience de la Chine mérite une attention particulière. Cette expérience est une source d’enseignements, notamment sur la planification stratégique, la mobilisation des ressources nationales, la continuité des politiques publiques, la gouvernance vertueuse et la discipline rigoureuse.
Une planification stratégique à long terme peut faire en sorte que les stratégies nationales de développement gagnent en crédibilité et transcendent les péripéties politiques. Dans la lutte contre la pauvreté, l’expérience de la Chine rappelle l’intérêt qui existe dans l’articulation des politiques publiques avec des interventions ciblées en faveur des régions et des populations défavorisées.
L’investissement dans les infrastructures, les ressources humaines et la technologie est aussi important. Tout processus de modernisation peut aisément enregistrer des succès avec une population formée et capable de participer activement à la production. À cet égard, la Chine présente une expérience de portée historique, riche de grands succès. La poursuite de la politique de développement et d’ouverture de la Chine peut offrir de nouvelles perspectives aux pays africains./.
Prof. Yoro DIALLO
Chercheur principal / Directeur du Centre d’Études francophones
Directeur du Musée africain et du Musée des échanges Chine-Afrique
Lauréat du 2024 Chinese Government Friendship Award
Institute of African Studies, Zhejiang Normal University
Jinhua/CHINA