Je ne prétends pas disposer de toutes les preuves scientifiques permettant d’affirmer que les cubes d’assaisonnement sont directement responsables de certaines maladies chez leurs consommateurs.
Mais un risque mérite d’être souligné : leur consommation excessive et quotidienne peut contribuer à une alimentation trop riche en sel, avec des conséquences importantes sur la santé.
En effet, le sel est un composant majeur de nombreux cubes d’assaisonnement. Or, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande aux adultes de consommer moins de 5 g de sel par jour.
Un excès de sel favorise notamment l’hypertension artérielle, qui augmente le risque d’accident vasculaire cérébral et d’infarctus du myocarde. Il ne faut surtout pas non plus oublier les insuffisances rénales. Chez un diabétique, la consommation excessive de cubes va favoriser l’apparition d’une hypertension artérielle, ce qui rendra la prise en charge très compliquée et complexe.
Mais au-delà de la consommation, une autre question doit nous interpeller : que savons-nous réellement des cubes qui inondent nos marchés ?
En Guinée, de nouvelles marques de cubes d’assaisonnement apparaissent tous les jours. Ces cubes font-ils tous l’objet de contrôles rigoureux, conformes aux normes sanitaires et aux exigences de qualité ? Les consommateurs peuvent-ils avoir l’assurance que leur composition respecte les normes en vigueur ? En l’absence d’informations vérifiables sur les contrôles effectués, ces questions méritent des réponses.
Face à ces incertitudes, la prudence doit être notre premier réflexe.
J’invite particulièrement les femmes qui préparent quotidiennement les repas familiaux à revoir la quantité de cubes d’assaisonnement utilisée dans les sauces.
Chères dames, au lieu d’utiliser ces cubes d’assaisonnement tous les jours, matin, midi et soir, essayez de les remplacer, au moins trois jours par semaine, par du soumbara ou des sauces préparées sans cube.
Cette habitude peut contribuer à réduire votre consommation de sel, à préserver la santé de votre famille et à habituer progressivement vos proches à apprécier les repas sans cubes d’assaisonnement.
J’interpelle également les autorités afin qu’elles renforcent la surveillance du marché, les contrôles de qualité et les analyses sanitaires de ces produits, tout en veillant à ce que les marques commercialisées respectent les normes en vigueur.
La santé publique ne doit jamais être sacrifiée au profit du commerce. Les consommateurs ont droit à des produits sûrs, à une information transparente et à une protection sanitaire efficace.
Protéger nos familles commence aussi dans nos cuisines, mais cette responsabilité doit être accompagnée d’un contrôle rigoureux de ce que nous mettons dans nos assiettes.
En tout cas, une mauvaise alimentation contribue aujourd’hui à l’apparition de nombreuses pathologies, notamment les troubles de la fonction sexuelle, les maladies métaboliques et digestives, ainsi que certains cancers.
Dr Karamo KABA
Spécialiste en Gestion des Services de Santé | MBA en Management des entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques | Auteur | Enseignant-chercheur.