VisionGuinee est allé vendredi à la rencontre du père de Diouldé. Désemparé et malade, Mamadou Bailo Diallo, la soixantaine, est revenu sur les circonstances de l’arrestation de son fils en octobre 2020.
‘’Il ne se portait pas bien au moment où ils sont rentrés de la campagne électorale. Il était en convalescence quand un de ses amis est venu le chercher pour qu’il aille prendre des photos dans un baptême. C’était un samedi. Comme d’habitude, quand il rentre d’une cérémonie, il reste derrière son ordinateur pour terminer le travail. C’est là que ceux qui l’ont arrêté l’ont trouvé et pour l’interpeller manu militari’’, explique le père de famille.
Avant de poursuivre : ‘’Sur place, il leur aurait demandé de quoi il est reproché. Ces derniers lui ont demandé de les suivre. Ce sont eux qui ont refermé la porte de là où il habite après avoir pris tout son matériel. C’est après qu’ils l’ont embarqué que les gens sont venus m’informer en disant qu’il s’agit d’agents de l’Unité spéciale de sécurisation des élections (USSEL). Nous avions un programme lui et moi à l’hôpital’’.
Déboussolé et complètement dépassé par les événements, le père de Diouldé Diallo assure que son fils ‘’n’a commis aucun crime. Il n’est pas vendeur de drogue encore moins un escroc pour qu’il soit arrêté de cette manière’’.
Il déplore le fait que 10 mois après son arrestation, Diouldé, comme la plupart des opposants détenus en prison, n’ait pas bénéficié d’un procès pour être fixé sur son sort.
‘’Jusque-là personne ne m’a dit ce qu’il a commis comme infraction. Il n’est qu’un simple photographe et cadreur. C’est son savoir-faire qui l’a conduit à l’UFDG. Depuis qu’il a été conduit en prison, il n’a bénéficié d’aucun procès pour qu’il sache les faits qui lui sont reprochés. Moi je suis malade depuis des années, c’est lui qui m’aidait. Actuellement, c’est sa maman qui se débrouille tant bien que mal pour subvenir à nos besoins’’, ajoute l’homme de 63 ans.
A ce jour, dit-il, ‘’je ne veux que le voir libre parce que je crois qu’il n’a rien fait de mal. C’est lui qui s’occupait de moi et du reste de la famille. C’est grâce à son travail qu’on parvenait à vivre. Moi je suis malade depuis plus de 5 ans, je ne peux rien exercer comme travail. Je demande au président de libérer mon fils et tous ceux qui ont été injustement arrêtés et jetés en prison. Vu qu’il est dit que nous vivons dans une démocratie, qu’il les libère de grâce’’, lance-t-il comme plaidoyer à l’endroit d’Alpha Condé.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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