[dropcap]L[/dropcap]a Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a instruit à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest de bloquer tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre ses pays membres et le Mali, suite au coup d’Etat militaire orchestré contre le pouvoir d’Ibrahima Boubacar Keita, le 18 aout dernier.
L’ancien ministre de la réconciliation nationale assure que cet embargo décrété par la CEDEAO a des sérieux impacts sur les activités économiques au Mali.
‘’L’embargo décrété à l’encontre du Mali par la CEDEAO est une mesure extrême (…). Toutefois les transactions financières de l’UMEOA en direction du Mali sont affectées. C’est un précédent inquiétant’’, déplore Bah Oury.
Il laisse entendre que cette décision de la CEDEAO ne sera pas sans conséquences pour la sous-région.
‘’En effet, la solidarité monétaire dans la zone CFA de l’UMEOA est une délégation de la souveraineté nationale à une entité supranationale. Les conséquences de l’embargo pourraient être négatives pour l’intégration monétaire et économique ouest-africaine pour trois raisons’’, indique Bah Oury.
‘’Les idées souverainistes peuvent y puiser des arguments pour prospérer et remettre en cause les élans panafricanistes. La mesure étant antipopulaire servira les causes extrémistes à l’intérieur du Sahel au détriment de l’ancrage démocratique et d’ouverture du Mali, ajoute-t-il
‘’Le ressentiment et la frustration du peuple malien pourraient encourager des réflexes xénophobes par le renforcement des courants conservateurs et ultra-populistes de la société’’, craint-il, assurant qu’il est ‘’grand temps de supprimer l’embargo pour accompagner le Mali dans la voie de la renaissance’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
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