En présidant ce mercredi la cérémonie de lancement de l’élaboration du Pacte de stabilité sociale, le Premier ministre Bah Oury a indiqué que les guinéens doivent être dans un perpétuel questionnement pour pouvoir évoluer.
Le chef du gouvernement estime qu’il est important de ‘’travailler ensemble et se remettre en cause en mettant de côté l’égoïsme. C’est cela qui fonde ce que nous laisserons à la prospérité dans notre pays’’.
Bah Oury affirme que ‘’la Guinée est toujours marquée par le refus systématique du dialogue. Pendant de longues années, le dialogue sur le plan social, sur le plan politique et cette obstination absolue à ne pas accepter de créer un climat permanent de dialogue a amené la Guinée d’aller de crise en crise et des crises malheureusement très sanglantes qui ont marqué la conscience collective. Et très souvent, nous sommes réunis pour commémorer la mémoire de ce combat’’.
Aujourd’hui, assure-t-il, ‘’le résultat de tout ce processus, c’est dans une large mesure une leçon tirée des événements et des bouleversements sociaux de 2007-2008. Le monde du travail s’est fait aider par le monde politique pour réussir ce que, très souvent, on ne développe assez à mon goût. Parce que les éléments les plus marqueurs de la société guinéenne, cette capacité de mobilisation sur l’ensemble du territoire pendant des semaines dans la paix, la sécurité, la non-violence, le mouvement syndical l’a réussi. Et l’un des rares pays comparables, c’est la Pologne’’.
‘’Le combat a été long, rude et a été exemplaire. Il faut que la société guinéenne se rende compte qu’il faut favoriser des moments les plus héroïques où des hommes et des femmes avec l’abnégation ont donné de leur vie, de leur sécurité pour que la Guinée, de manière intelligente et paisible, trouve des voies et moyens pour sortir de crise’’, dira le Premier ministre.
A l’entendre, ‘’dès la prise du pouvoir le 5 septembre 2021, qu’est-ce qui a été fait ? Premièrement, de manière directe et de par son initiative, il y a eu le lancement des assises nationales dans un contexte où pratiquement rien n’était préparé. Des personnalités ont été commises à une tâche pour faire émerger 45 recommandations pertinentes pour qu’il y ait un processus permettant de prendre en compte le passé, de prendre en compte les victimes, d’ouvrir un climat de dialogue (…)’’.
‘’Fondamentalement, le Simandou de 2040, tous les axes que nous sommes en train de développer ne pourront pas prospérer dans la durée s’il n’y a pas un socle sur lequel tout le monde s’accepte, s’écoute, se parle et qu’il n’y ait pas une vision absolument radicale de dire : ‘Je fais ce que je veux et je m’en fous des autres’. Cet esprit assez exclusif qui a marqué une partie de nos responsables dans le passé ne doit plus prospérer’’, conseille le locataire du palais de la Colombe.
Avant d’ajouter : ‘’Même la pédagogie dans nos établissements scolaires doit évoluer pour dire qu’on progresse en se rassemblant, en partageant. Personne ne peut réussir tout seul parce que la société la plus complète nécessite à tous les niveaux des échanges’’.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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