Bah Oury lance les travaux de construction du Cinéma Center de Conakry : “Attachez vos ceintures, l’avion va décoller”
Après la signature du protocole d’accord en mars dernier, le gouvernement guinéen est passé de la parole aux actes. Ce mardi 28 avril 2026, le Premier ministre Bah Oury a posé la première pierre du futur Cinéma Center de Conakry. En lieu et place de l’ancien Cinéma Liberté, c’est un complexe de 17 étages, véritable symbole de la renaissance culturelle et de la transformation urbaine, qui s’apprête à redéfinir le ciel de la capitale.
Ce projet d’envergure, fruit d’un partenariat stratégique avec la société chinoise Hong Sheng International Guinée SARLU, s’étendra sur plus de 5 000 mètres carrés. Plus qu’un simple bâtiment, il s’agit d’un écosystème multifonctionnel.
“Le projet du Cinéma Center de Guinée ambitionne d’être un moteur de la modernisation urbaine de Conakry. Il joue un rôle important pour promouvoir la culture du cinéma et enrichir la vie culturelle de la population. Prévu pour un achèvement et une mise en service en 2028, ce complexe d’environ 5 461 mètres carrés intègrera un centre commercial de quatre étages, deux tours de 13 étages à usage mixte (bureaux et logements). Le rez-de-chaussée et le premier étage seront consacrés aux espaces commerciaux ; le deuxième étage accueillera un musée du cinéma et des studios de production cinématographique, ainsi qu’un espace spécial d’exposition consacré à Simandou 2040”, a expliqué un représentant de la société Hong Sheng International et de la société China Road and Bridge Corporation (CRBC).
Prenant la parole avec un “profond sentiment d’honneur et de responsabilité”, le ministre de la culture, du tourisme et de l’artisanat, Moussa Moïse Sylla, a rappelé que ce site n’est pas un espace ordinaire, mais un lieu “porteur de mémoire, de symboles et d’histoire”.
Évoquant les heures de gloire du cinéma guinéen, il a affirmé qu’en posant cette pierre, le gouvernement engage “un acte de renaissance culturelle” pour réhabiliter une mémoire tout en projetant le pays vers l’avenir.
Pour le ministre Sylla, ce projet est une nécessité stratégique puisque l’industrie audiovisuelle est “un moteur économique générateur de richesses et d’emplois”, capable de transformer le potentiel de la jeunesse en une réalité florissante.
“L’ancien Cinéma Liberté fut, pendant plusieurs décennies, un haut lieu de vie culturelle pour notre pays. Il a marqué des générations entières de Guinéennes et de Guinéens, en leur offrant un accès privilégié aux œuvres cinématographiques, en nourrissant leur imaginaire et en contribuant à l’éveil de leurs consciences”, rappelle le ministre.
Avant de formuler le vœu que ce centre devienne un “incubateur de talents” et un pôle d’excellence reconnu à l’échelle du continent, témoin de ce que l’État et le secteur privé peuvent bâtir ensemble.
Le Premier ministre Bah Oury a clôturé la cérémonie, partageant ses propres souvenirs de jeunesse liés au Cinéma Liberté.
Il a invité le ministre de la culture à proposer un nom de baptême afin que l’édifice soit un “lieu de mémoire où l’on rend hommage à des personnalités illustres”.
“Dans deux ans, c’est un espace nouveau qui va émerger et qui va surplomber le ciel de Conakry à partir d’ici. C’est une révolution, une révolution urbaine en perspective”, a déclaré Bah Oury.
Se tournant vers les perspectives économiques, il a rappelé l’ambition du président Mamadi Doumbouya. “Avant-hier, avec des représentants d’un pays qui le félicitaient de la réalisation du projet Simandou, en disant que c’est quelque chose de particulièrement époustouflant. En moins de trois années, la Guinée a réussi à faire 650 km de voies ferrées, le port minéralier et l’exploitation de la mine de fer. La réponse du président Doumbouya était de dire : nous pourrons faire encore plus que cela”, a-t-il souligné.
“Mesdames et messieurs, attachez vos ceintures, l’avion va décoller dans deux ans. C’est bientôt arrivé. Kaloum va changer, et de nouveaux métiers vont émerger, de nouveaux besoins, une nouvelle économie”, assure le chef du gouvernement.
En encourageant les cinéastes en herbe à rêver de la naissance d’un Silywood, il a exhorté le secteur privé guinéen à se réveiller pour ne pas être en retard sur ce monde qui change.
Ce projet, symbole d’une coopération sino-guinéenne renouvelée, doit permettre, selon lui, que “la Guinée rayonne et qu’elle brille de mille feux à travers le monde”.
Abdoulaye Bella Diallo, pour VisionGuinee.Info
00224 628 52 64 04/abdoulbela224@gmail.com


Bonjour,
Un projet ambitieux mais à quel prix?
Quel est le coût financier ? L’origine des fonds qui y seront investis?
Partout dans le pays, des projets gigantesques et non essentiels sont entrain d’être réalisés.
Pour moi, dans cet État qui manque de tout, la priorité devrait être l’amélioration des conditions de vie de la population : rendre la capitale propre, réduire le coût de la vie qui est très élevé, offrir des infrastructures dignes et d’ équipements modernes dans les secteurs éducatif, sanitaire et sécuritaire. Des cadres bien formés, bien équipés et bien rémunérés pour accroître leur performance. Réorganiser, réglementer et fluidifier la circulation routière est une priorité absolue. Les accidents de circulation sont entrain de décimer la population guinéenne à un rythme effréné. Nos hôpitaux sont dans un état lamentable !
La construction de Cinéma Center est une bonne chose mais pas un projet prioritaire.