Ultimate magazine theme for WordPress.

Bah Oury quitte l’UDD avant sa destitution : ‘’il est victime de sa propre sournoiserie’’, selon le fondateur du parti

1
Soutra

[dropcap]V[/dropcap]isé par une procédure de destitution, Bah Oury a quitté l’Union pour la démocratie et le développement (UDD) dont il assurait la présidence depuis septembre 2019. Jean Bienaimé Haba, fondateur dudit parti accuse l’ancien de ministre de la réconciliation nationale de gestion opaque  et non-respect de ses engagements envers sa formation politique.

Il se dit conscient que Bah Oury est un atout majeur pour l’émancipation  de l’UDD. ‘’Même si ça ne va pas entre Bah Oury et moi, je ne peux pas nier ses valeurs, je suis un catholique. C’est à la venue de Bah Oury que l’UDD a eu cette visibilité et a pris cette ampleur. Il faut le reconnaitre malgré notre divorce’’, avoue M. Haba.

Le fondateur de l’UDD accuse Bah Oury de n’avoir pas honoré ses engagements envers le parti.

‘’Avant son arrivée, le parti avait décidé de prendre part aux élections législatives. Que M. Bah Oury ait le courage de dire pourquoi il m’avait promis que le parti allait avoir cinq sièges à l’assemblée nationale’’, indique Jean Bienaimé Haba.

‘’Avant que la CENI ne propose sa date, je lui ai dit que si on devait prendre part à aux législatives, c’était le bon moment de constituer une liste gagnante. Il  me faisait toujours espérer. Mais il n’a jamais voulu que je contrôle la constitution de cette liste’’, ajoute-t-il.

‘’Selon mes sources autour de lui,  il aurait même préparé une liste sur laquelle j’étais inscrit en deuxième position. Il aurait placé dix autres de ses hommes sur la liste, mais il savait que j’allais m’opposer à cela. Il nous a roulés jusqu’ à la dernière minute’’, poursuit M. Haba.

Il dit comprendre la décision de l’ancien ministre de la réconciliation nationale de quitter les rangs de l’UDD.

‘’Il veut aujourd’hui se dédouaner et se victimiser. Il est victime de sa propre sournoiserie.  Il fait croire que c’est à cause du FNDC qu’on l’a débarqué pour que l’opinion puisse croire en lui. Mais nous allons lui montrer que ce n’est pas à cause de cela’’, indique-t-il.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info

00224 621 77 38 52/bahpathe17@gmail.com

Soutra
1 commentaire
  1. Ibrahima Sory dit

    Bah Oury est loin d’être un sournois. Je le confirme. Bah Oury a eu le malheur d’être une lumière, la crème des crèmes, un surdoué. La politique n’est pas conçue pour les hommes intelligents, voire surdoués. L’homme doué qui s’engage en politique a peu de chance d’être compris, d’être entendu. L’histoire pillule d’exemples. Je me bornerai à évoquer le cas de Pascal Lissouba face à Denis Sassou-Nguessou. Lissouba, cette éminence grise, avait mordu le sol. Au Bénin, Mathieu Kérékou avait pris le dessus sur une autre éminence. Au Mali, Modibo Diarra avait dû s’effacer face à quelques incultes venus en politique. Fouché et Talleyrand, moins brillants, avaient réussi à faire exiler Napoléon Bonaparte à Sainte-Hélène.
    Le revers de la médaille se rencontre. Barack Obama aux USA. Oumar Emballo en Guinée Bissau. Hô Chi Minh au Vietnam.
    Bah Oury ignore le cynisme, le machiavélisme comme le dirait Dadis Camara. Bah Oury s’est forgé une image dont les valeurs reposent sur l’honneur, le respect de la parole donnée, la transparence, le don de soi, le désintéressement. Je revois Bah Oury en fin d’année scolaire. Le président Senghor devrait remettre les différents prix d’excellence aux meilleurs des meilleurs. En mathématiques, ce fut Bah Oury. En français, encore lui. Senghor fit une pause et rappela que ce sont là deux disciplines instrumentales, deux disciplines fondamentales. On en vint aux sciences physiques : chimie, Bah Oury. Physique, encore Bah Oury qui faisait le va-et-vient entre les places réservées aux élèves et la tribune pour les officiels. On en vint finalement aux sciences humaines : Histoire, ce fut Bah Oury encore. Senghor le fit, alors, installer auprès de lui et recommanda qu’il attende là au cas où, en géographie, ce devrait être lui. Ce fut encore lui. En sciences naturelles regroupant biologie, sciences de la nature et agriculture, ce fut encore lui.
    Bah Oury ne peut pas faire de la politique car il est un rationaliste, il s’est abreuvé aux sources du discours de la méthode. Il dit exactement ce qu’il fait. Ce qu’il fait, il ne le cache pas. Il l’expose à la place publique. Ses actes ne trahissent jamais ses pensées et vice-versa. Pour faire de la politique, il faut avoir une dose de mensonge, de fumisterie. Le malheur de Bah Oury fut de croire qu’il est possible de faire preuve de rationalité et de méthode en politique. Ne disons-nous pas que la politique est l’art de tromper. Bah Oury a raté son coach. Il lui faut réinventer la roue. Faire de la politique suppose que l’on adapte son comportement au milieu de vie, qu’on fasse comme tout le monde. Bah Oury n’a pas un tel attrait. Il est peut-être hautain de croire que la rigueur, l’honnêteté totale en politique pourrait payer. Dans la vie courante, on peut être rigoureux avec soi-même. On ne doit pas tromper quelqu’un. En politique, on connaît ses adversaires. Quant aux amis, on se dit que personne n’est sûr.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info