BELC régional 2026 : ouverture à Conakry d’une rencontre ouest-africaine sur la formation aux métiers du français
Du 1er au 5 juin 2026, la Guinée accueille, au Centre culturel franco-guinéen, la toute première édition régionale du BELC. Près de cent professionnels de l’éducation, venus de huit pays d’Afrique de l’Ouest, sont réunis à Conakry pour cinq jours d’échanges, d’innovation pédagogique et de renforcement des compétences.
La capitale guinéenne est au cœur des dynamiques éducatives de la sous-région. Organisée conjointement par l’ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone, l’Institut français de Guinée, le Centre culturel franco-guinéen et France Éducation international (FEI), la première édition du BELC régional Guinée 2026 a officiellement ouvert ses portes.
Ce rendez-vous d’envergure internationale, activement soutenu par le ministère français de l’Europe et des affaires étrangères, s’inscrit dans le cadre du dispositif « Les métiers du français dans le monde ».
Pendant une semaine entière, près d’une centaine d’enseignants, de formateurs et de cadres de l’éducation nationale, venus du Bénin, de Côte d’Ivoire, du Ghana, de Guinée, du Liberia, du Nigeria, du Sénégal et de Sierra Leone, partagent leurs réalités quotidiennes.
L’objectif de ce rassemblement est de moderniser les pratiques pédagogiques, de professionnaliser les acteurs de terrain et de valoriser la langue française comme un vecteur essentiel d’intégration régionale, de mobilité professionnelle et de coopération sous-régionale.
Pour répondre concrètement aux défis complexes des salles de classe africaines, le programme de ce BELC régional s’articule autour de quatre modules de formation intensive de 15 heures chacun, animés par des expertes internationales.
Le premier module, piloté par Émilie Mathieu-Benoit, est axé sur l’animation d’activités de français pour les grands groupes. Il s’agit de doter les enseignants de stratégies astucieuses pour faire parler les adolescents de 10 à 14 ans, tout en gérant efficacement des classes surchargées malgré des moyens matériels souvent très limités.
En parallèle, Stéphanie Rivasseau dirige le deuxième module, axé sur les techniques d’animation motivantes, indispensables pour stimuler l’acquisition des connaissances tant en Français langue étrangère (FLE) qu’en Disciplines non linguistiques (DNL).
La question cruciale de l’évaluation est, quant à elle, traitée par Marie Thierion, qui propose aux participants d’explorer de nouvelles démarches formatives et actionnelles en parfaite adéquation avec le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR).
S’inscrivant dans l’air du temps, Flora Aubin anime un module d’initiation permettant aux enseignants débutants d’optimiser leur pédagogie grâce à l’intégration d’outils numériques simples et de l’intelligence artificielle.
Cette offre académique a été spécifiquement pensée pour coller aux réalités du terrain, une ambition fortement réaffirmée par Henri de Rohan-Csermak, directeur général de France Éducation international.
Ce dernier a exprimé un réel enthousiasme quant à ce partenariat avec les structures locales, tout en expliquant que “cette édition met en lumière la volonté de FEI de proposer des formations en phase avec les réalités du terrain”.
“Elle illustre également une ambition forte : soutenir les enseignants dans l’évolution de leurs pratiques, en tenant compte des contextes pédagogiques, culturels et technologiques dans lesquels ils exercent. Les modules proposés cette semaine abordent des thématiques essentielles. Autant de leviers concrets pour accompagner les enseignants dans leurs pratiques quotidiennes”, assure-t-il.
Selon lui, les ateliers et les temps de réflexion collective programmés permettront de croiser les expériences culturelles afin de construire des réponses sur mesure face aux besoins des élèves.
Au-delà du renforcement des compétences proprement dites, cet événement se veut un espace diplomatique et humain de premier plan, symbolisant le rôle grandissant de la Guinée dans la coopération éducative ouest-africaine.
Luc Briard, ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, insiste sur la dimension partenariale et sur l’importance du métier d’enseignant face aux mutations contemporaines.
“Le BELC régional n’est pas seulement une formation. Il est aussi un lieu de rencontres humaines et professionnelles, un espace de circulation des idées et des pratiques pédagogiques au service de la jeunesse”, rappelle le diplomate.
Il souligne également la place subtile que doit occuper le français dans une région riche de sa diversité, tout en précisant que dans des “sociétés africaines profondément plurilingues, le français a vocation à être une langue de coopération, de formation, de mobilité et d’intégration régionale, sans jamais se substituer à la richesse des langues nationales qui participent pleinement des identités culturelles”.
L’ambassadeur a saisi l’occasion pour saluer la dynamique en cours en Sierra Leone, évoquant le projet de structuration d’une future Alliance française à Freetown comme un futur phare du rayonnement francophone.
Sur le terrain, cet investissement suscite un immense espoir et un engouement remarquable chez les participants, qui voient dans cette semaine une occasion unique de transformer leurs méthodes de travail.
Mamadou Ramata Diallo, enseignante sélectionnée pour participer aux ateliers, témoigne avec ferveur de la forte attente de la communauté éducative.
“Nous avons trouvé cette formation très intéressante, et c’est pourquoi nous avons cherché à postuler dès que nous avons vu le lien d’inscription. Pendant cinq jours, nous allons aborder plusieurs thèmes qui vont nous permettre non seulement d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences, mais qui nous aideront également dans l’exercice de notre métier d’enseignant”, indique-t-elle.
Cet enthousiasme partagé promet de faire de cette semaine, rythmée par des tables rondes professionnelles et des soirées culturelles au Centre culturel franco-guinéen, le point de départ d’un réseau solidaire, connecté et résolument tourné vers l’avenir de l’école africaine.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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