Benoît Kamano : ‘’l’administration n’a pas vocation à produire des IA ou des solutions, mais plutôt à les utiliser avec responsabilité’’
À l’occasion de l’ouverture du deuxième Forum international des secrétaires généraux de gouvernement, organisé à Conakry, le ministre secrétaire général du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une utilisation responsable et éthique de l’intelligence artificielle (IA) dans l’administration publique. Devant les délégations étrangères, Benoît Kamano a rappelé que l’enjeu n’est pas de faire des administrations des concepteurs de solutions technologiques, mais de leur permettre de tirer profit des innovations pour améliorer la performance du travail gouvernemental, tout en préservant la confidentialité des informations stratégiques des États.
Dans son allocution, Benoît Kamano s’est réjoui de la présence à Conakry des délégations venues d’une dizaine de pays, tout en saluant la participation à distance de plusieurs autres États, notamment la République du Congo, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, Haïti et la France.
Il a remercié le président de la République, Mamadi Doumbouya, pour sa vision de la modernisation de l’État, qui constitue, selon lui, ‘’un véritable levier d’action pour nous, qui rend possible tout ce que nous envisageons’’.
Revenant sur les acquis de la première édition, le ministre secrétaire général du gouvernement a rappelé que ce rendez-vous avait permis de jeter les bases d’un réseau international destiné à renforcer la coopération entre les secrétariats généraux de gouvernement.
‘’Lors du premier forum, nous avons posé les bases, nous avons formulé des recommandations. Le rendez-vous a été pris pour 2026, nous y sommes. Et lors du premier rendez-vous, nous avons institutionnalisé le réseau et nous avons décidé d’en faire une plateforme de coopération. Nous avons privilégié la collaboration afin de favoriser une approche inclusive, durable et adaptée au contexte de chaque pays en matière d’organisation du travail gouvernemental et de production normative’’, a-t-il rappelé.
Il a précisé que cette initiative ne vise nullement à imposer un modèle administratif unique aux États membres. ‘’Aucune administration n’étant identique, nous n’avons pas pour vocation d’uniformiser les pratiques, mais plutôt tenir compte des particularités de chacune’’, a-t-il souligné, avant de saluer l’adhésion de nouveaux pays, notamment le Ghana, la Gambie, la Guinée-Bissau et le Rwanda.
Benoît Kamano a fait le point sur les avancées institutionnelles du réseau, dont le siège permanent est établi en Guinée. Le Burkina Faso assure le secrétariat, tandis que le Tchad et le Maroc occupent respectivement les première et deuxième vice-présidences.
Abordant le thème de cette deuxième édition, consacré à ‘’l’intelligence artificielle au service de la performance du travail gouvernemental’’, il a rappelé les responsabilités particulières qui incombent aux secrétariats généraux de gouvernement dans la coordination et le contrôle de l’action publique.
‘’À ce titre, nous avons l’obligation de confidentialité, de loyauté, d’engagement et de responsabilité vis-à-vis des actes auxquels nous participons à la mise en place, mais tout en restant dans la discrétion’’, a-t-il indiqué.
Pour le ministre secrétaire général du gouvernement, si l’intelligence artificielle constitue un outil performant, son intégration dans le fonctionnement des administrations doit nécessairement s’accompagner de garanties.
‘’Nous préférons cette année choisir cet outil parce que c’est un outil performant nous engage tous dans la responsabilité collective que nous avons dans la production normative, et nous invite à la prudence, à la responsabilité, mais aussi à un engagement ferme. La sécurité des actes juridiques repose sur cet engagement triptyque’’, a-t-il expliqué.
La deuxième édition du Forum de Conakry permettra aux participants de définir une position commune sur la place de l’intelligence artificielle dans l’administration publique, notamment au sein des secrétariats généraux de gouvernement.
‘’Elle nous invitera donc à consolider l’institutionnalisation du réseau, à formuler une position commune sur le rôle de l’IA dans l’administration publique, notamment au sein des secrétariats généraux de gouvernement, en affirmant solennellement sur la base des déclarations de l’Union africaine et des déclarations de l’IA du Rwanda, une déclaration commune de concevoir une IA responsable et éthique’’, a détaillé M. Kamano.
Les travaux, organisés autour de huit ateliers, devront déboucher sur l’adoption de deux documents majeurs : la déclaration de Conakry 2 et une déclaration formelle sur l’intelligence artificielle responsable.
‘’Cette ouverture protocolaire solennelle confère le caractère officiel à l’événement, mais l’objectif, c’est de produire des documents. Nous allons faire un focus sur les cas d’usage de chaque pays. Nous donnerons l’opportunité aux entreprises qui nous permettent d’utiliser l’IA de nous présenter les solutions innovantes qu’elles proposent régulièrement. L’administration n’a pas vocation à produire des IA ou des solutions, mais plutôt à utiliser avec responsabilité’’, a-t-il affirmé.
Au-delà des opportunités offertes par cette technologie, il a attiré l’attention sur les risques liés à la circulation des données sensibles et à la vulnérabilité des institutions publiques.
‘’Ces ateliers thématiques vont donc nous donner de la matière. Ce sont ces matières qui serviront de bréviaire pour continuer à renforcer le travail gouvernemental, car le contexte dans lequel nous évoluons fragilise nos institutions, fragilise nos administrations. Mettre à disposition des informations stratégiques contribuera davantage à fragiliser les États au-delà des administrations’’, a-t-il prévenu.
Les conclusions des travaux serviront également à l’élaboration de la feuille de route 2027-2029 du réseau international des secrétaires généraux de gouvernement. Elles seront consignées dans un rapport commun intégrant les contributions des huit ateliers, les différentes interventions et les supports présentés durant le forum.
Il a exprimé sa volonté de pérenniser cette plateforme de coopération et de l’élargir à d’autres pays.
‘’Nous devrions pouvoir, grâce à notre position stratégique au cœur du travail gouvernemental, faire fonctionner notre réseau des secretaires généraux de gouvernement et le pérenniser en l’élargissant aux pays qui n’ont pas pu encore rejoindre et auprès desquels il est nécessaire que nous présentions nos avancées, nos projets et nos espoirs’’, a-t-il laissé entendre.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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