Bogola Haba aux camps de Yéro Baldé et Faya Millimouno : ‘’Il n’est pas encore tard…les chances des candidats sont encore intactes’’
Alors que la campagne pour le double scrutin du 31 mai est lancée, les candidats intensifient leurs efforts pour convaincre les électeurs. Dans ce contexte, Bogola Haba, ancien ministre de la jeunesse et des sports et candidat aux législatives, invite les acteurs politiques au calme et au pragmatisme. Il met en avant la particularité de ces élections et estime que les chances des candidats restent intactes malgré les tensions et les critiques de certains partis comme le Bloc libéral et le FRONDEG. Bogola Haba insiste sur la particularité du double scrutin. Entretien…
VisionGuinee : Quelle est la particularité de ces élections ?
Bogola Haba : Depuis les événements de janvier-février 2007 en Guinée, suivis du printemps arabe en 2008 au Maghreb et au Burkina Faso, il y a un changement majeur en Afrique de l’Ouest qu’il ne faut pas occulter dans l’analyse de ce qui se passe actuellement en Guinée. La montée en puissance des réseaux sociaux et des mouvements citoyens qui naissent et disparaissent selon leur objet et au fonctionnement matriciel, contraire aux organisations politiques traditionnelles à fonctionnement vertical.
Le fait pour le système politique guinéen de s’adapter à cette réalité après la transition CNDD de 2008-2010 et la gouvernance civile bipolaire de 2010 à septembre 2021, et cela dans sa Constitution, ses lois organiques et ses pratiques politiques, est une innovation dans la recherche d’un modèle politique participatif africain qui nous rassemble et nous ressemble et qui apaise la démocratie.
C’est ce qui fait la particularité des élections en cours en Guinée. Par exemple, vous voyez des jeunes leaders de mouvements sociaux comme Baba Alimou Bah qui sont des têtes de listes dans des communes stratégiques comme Lambagny ou Kaloum. Des jeunes comme Tokpa Victoire Kolie sont têtes de listes nationales comme celui du parti Nouveau Départ, allié GMD. Des dames de l’humanitaire et de l’assistance sociale connues pour leurs œuvres comme Mariam Gbessia Camara et des artistes comme Oudy Premier sont candidats à la députation de Gbessia avec une tête plurinominale comme Aboubacar Soumah, qui est un allié GMD et leader de l’AFP et qui était hier avec les anciens partis politiques comme l’UFDG et le RPG.
Donc les guinéens ont fait un mouvement vers une nouvelle dynamique de recomposition de la classe politique avec des acteurs parfois atypiques.
Sans l’UFDG de Dalein, le RPG d’Alpha Condé, l’UFR de Sidya Touré, beaucoup estiment qu’il s’agit d’élections à sens unique. Que répondez-vous ?
Avec ce nouveau modèle, lorsque nous sommes leaders politiques d’un parti ou d’un grand mouvement, il faut être flexible et traiter chaque cas comme unique. Donc, les anciens partis politiques qui n’ont pas voulu s’adapter à cette réalité du moment sont obligés de disparaître progressivement. Et nous encourageons leurs anciens leaders à plutôt suivre cette nouvelle direction en soutenant ces jeunes et femmes qui faisaient hier leur force.
C’est notre moment aussi de leur rendre la monnaie et une opportunité de se racheter après cette grosse erreur politique d’inadaptation de l’ancienne stratégie politique à l’évolution des comportements politiques des jeunes et des femmes qui sont les acteurs de premier plan de l’activité politique.
Le FRONDEG et le BL continuent de critiquer le processus…
Nous leur lançons le même message de pragmatisme politique, d’exhortation et de fair-play politique que nous adressons aux partis politiques en course dont les candidatures sont validées par les juridictions et qui menacent de se retirer du processus. C’est le cas du FRONDEG et du BL.
Dans l’intérêt de ces femmes et de ces jeunes candidats qui ont placé leur confiance en eux en décembre 2025 dernier lors des présidentielles, nous les encourageons à revenir sur leur décision car il n’est pas encore tard. La campagne n’a pas encore véritablement commencé et les chances des candidats sont encore intactes. Ils peuvent aussi traiter au cas par cas les candidatures selon la nature des problèmes et leur degré de confiance ou de probabilité de gagner des sièges.
Peut-on s’attendre à une compétition électorale digne de nom ?
La compétition est totale et même rude car il y a plus de candidats que de sièges à pourvoir et plus d’indépendants dans le processus que de candidats portés par les partis politiques. Et, au sein de la mouvance GMD dont j’appartiens en tant que candidat, ce n’est pas non plus monocolore et homogène. Le nombre de sièges à pourvoir est largement inférieur à la demande des candidats.
Par exemple, au niveau de la liste nationale, il y a vingt-huit (28) candidats pour un (1) siège à pourvoir. C’est un constat identique dans les 378 communes et dans les cinquante (50) circonscriptions électorales validées.
Quel message à l’endroit des guinéens ?
Vu l’engouement et le nombre très élevé de candidatures validées, nous félicitons d’avance les Guinéennes et Guinéens pour cette participation massive à ce nouveau processus et leur demandons d’être compréhensifs mais attentifs par rapport à ce gros travail délicat que font la Direction générale des élections (DGE), les juridictions du pays et nos Forces de défense et de sécurité pour la réussite de ce long processus qui implique pour la première fois des candidats de la diaspora et des 46 circonscriptions de l’intérieur du pays et qui combine trois élections majeures (communes, listes uninominales et plurinominales pour 98 sièges à pourvoir et 28 listes nationales pour 49 sièges à pourvoir).
C’est fastidieux, participatif et innovant et cela demande le maximum de discipline et une attitude de non-violence de tous les acteurs actifs et passifs, y compris la communauté internationale constituée de pays amis et institutions internationales dont la Guinée est membre.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
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