Ultimate magazine theme for WordPress.

Cellou Baldé de l’UFDG prévient la junte : ‘’il faudrait que les partis politiques soient évalués en fonction de leurs poids’’

0

Ancien prisonnier politique d’Alpha Condé, le coordinateur des fédérations de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) à l’intérieur du pays appelle la junte au pouvoir de gérer la transition sur la base des principes démocratiques.

Dans un entretien accordé à VisionGuinee, Cellou Baldé prône un dialogue permanent entre le Comité du rassemblement pour le développement (CNRD) et la classe politique.

VisionGuinee : En tant qu’ancien prisonnier politique sous Alpha Condé, comment avez-vous accueilli le coup d’Etat du 5 septembre 2021 ?

Cellou Baldé : C’était un ouf de  soulagement pour moi et pour mes codétenus. C’est vrai qu’on avait bénéficié d’une semi-liberté, mais c’était vraiment une liberté sous-contrôle et sous conditions.  Nos déplacements étaient conditionnés à des demandes écrites adressées à l’administration pénitentiaire qui devrait donner son aval pour qu’on puisse se déplacer. J’ai perdu mon père lors de mon séjour carcéral. Quand je suis sorti de prison pour aller à Labé pour les salutations, j’étais obligé de faire une demande. C’est d’ailleurs quand j’étais là-bas que le coup de salut est intervenu et que le colonel Mamadi Doumbouya a pris le pouvoir le 5 septembre. S’en est suivie la libération des détenus politiques. Mon nom figurait sur la liste des détenus à libérer. S’il y a des personnes physiques où des institutions qui ont bénéficié des premières mesures positives du CNRD, c’est bien entendu nous en tant que citoyens, l’UFDG en tant qu’institution dont les locaux fermés. Notre parti a eu des cadres qui ont été emprisonnés et beaucoup de nos militants sont morts sous les balles de la dictature.

Près de 5 mois après la chute d’Alpha Condé, quelle lecture faites-vous de la transition ?

Une transition n’est qu’une transition. On transite d’une période d’exception vers une période normale avec l’avènement de nouvelles autorités élues sur la base des principes démocratiques. A ce niveau-là, il faut saluer l’élaboration d’une charte même si elle n’a pas été discutée par l’ensemble des forces vives de la nation. Elle a quand même balisé le chemin de la transition même si  les questions fondamentales n’étaient  pas à  l’intérieur  dont la durée de la transition.

Sélectionné pour vous :  Souleymane Keita du RPG et conseiller d’Alpha Condé : ‘’la restructuration du parti est une nécessité’’ (Interview)

Que devrait faire la classe politique pour obtenir une charte consensuelle de la transition ?

Nous avons voulu miser sur la bonne foi des autorités de la transition. Pour nous, il y a eu des annonces préalables qui ont été faites le 5 septembre,  comme quoi  le CNRD n’est pas venu pour s’éterniser au pouvoir et qu’il est là pour organiser  un retour à  l’ordre constitutionnel, lutter contre la délinquance  financière et économique  en faisant de la justice la boussole. Après la publication de la charte, nous avons émis des réserves sur le quota réservé aux partis politiques au Conseil national de la transition (CNT). Une transition est avant tout politique, parce qu’elle intéresse les partis politiques (…). Nous avons accepté la charte de la transition avec des réserves et appelé à la mise en place d’un cadre concertation. Même les questions de la justice sur la transition devraient faire l’objet  d’un dialogue politique  et d’un consensus entre  les acteurs politiques, le CNRD, le gouvernement et la société civile. Nous devons dialoguer autour des questions relatives à rédaction de, la nouvelle constitution, au fichier électoral, au code électoral, à l’organe de gestion des élections ainsi qu’au chronogramme des élections.

Depuis des semaines, on assiste à querelles entre acteurs de la classe politique. Cette situation n’est-elle pas favorable à la junte ?

Normalement, ça ne peut pas être favorable à la junte. Dans un contexte où la junte est neutre et qu’elle veut le retour à l’ordre constitutionnel, la division au sein de la classe politique peut plutôt poser problème à la junte.  Pour qu’elle puisse dérouler tranquillement son agenda pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel, dans les conditions normales, les dissensions de la classe politique n’avantagent en rien la junte si elle n’a pas d’autres velléités. Et je considère que pour le moment, la junte n’a pas de velléités. Des engagements ont été pris, des annonces ont été faites. La junte a intérêt à mettre en place un cadre de concertation pour que l’ensemble des acteurs qui sont intéressés par la transition puissent se retrouver. Elle devrait jouer le rôle d’arbitre et d’encadreur pour la réussite de la transition.

Sélectionné pour vous :  Le camp d’Alpha Condé va-t-il participer aux prochaines manifs de rue ? Domani Doré fait une annonce…

L’octroi d’un seul siège à l’ANAD au CNT n’est-il pas fait à desseins pour opposer Cellou Dalein Diallo et ses alliés ?

Nous avons dénoncé cela parce que nous sommes victime d’une injustice. Même nos adversaires politiques ont reconnu le poids de l’UFDG et de l’ANAD. Parce qu’il faut le dire clairement, un parti politique pèse par rapport à sa participation aux élections, ses électeurs. Sinon chaque guinéen allait prendre un agrément, mettre son parti dans sa poche et dire qu’il a un parti politique. Il faudrait que les partis politiques soient évalués en fonction de leurs poids politiques sur le terrain.  Dans beaucoup de pays, même pour avoir un agrément, il y a un nombre de signatures à réunir et des adhésions à justifier. Il ne revenait pas au gouvernement ou au CNRD de soustraire 3 sur 4 places de l’UFDG et de l’ANAD pour les réaffecter à d’autres. C’est une grosse faute qu’il faut réparer.  S’ils ont pris un seul de l’UFDG et qu’à l’ANAD, personne n’a été pris, c’est peut-être une manière de faire une division au sein de notre coalition. Mais je crois qu’il y a plus de confiance entre l’UFDG et l’ANAD.

Malgré tout, l’ANAD siègera au CNT…

Je ne veux mettre l’UFDG et l’ANAD en difficulté en annonçant ce qui ne va être la position de l’alliance. Elle va se retrouver pour prendre une décision (…). Toutefois, il faut rappeler que dans la charte de la transition, il est mentionné clairement que c’est le président du CNRD qui nomme le président de la transition. Il l’a fait, le plus important, c’est le fonctionnement de l’institution et non la personne. Cependant, nous souhaitons vivement que le tort causé à l’UFDG soit réparé.

Par Salimatou Baldé, pour VisionGuinee.Info

00224 662 78 58 57/salimbalde91@gmail.com

Place this code at the end of your tag:
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info