Charles Wright sur la libération de Foniké Mengué et Cie : ‘’Pour ne pas que la Guinée brule, on m’a dit d’accepter de tordre la main à la loi’’
Le ministre de la justice a assuré mercredi que la libération de Foniké Mengué et Cie, est la décision la plus difficile qu’il a prise dans sa vie. Alphonse Charles Wright a révélé à la presse les dessous des négociations qui ont abouti à la mise en liberté des leaders du FNDC incarcérés à la maison centrale de Conakry.
Devant des professionnels des médias, il a laissé entendre que ‘’je suis rentré en Guinée, on me dit qu’on m’a donné l’ultimatum de libérer Foniké Mengué et Cie, sinon, on va me dégommer. J’ai trop entendu. Les gens ont parlé de beaucoup de choses. Au nom de la liberté d’expression, on parle atteinte à la dignité des gens. Vous prenez vos responsabilités, on vous dit que vous êtes contre la liberté d’expression’’.
Avant de poursuivre : ‘’Je suis allé avec le Premier ministre au centre islamique de Donka. Devant les religieux, tout le monde me regardait. Je les ai écoutés religieusement. On m’a dit : ‘Laisse ton problème de loi-là’. On entend les gens dire que la justice est déboussolée. C’est décevant et c’est du n’importe quoi. Tout le monde dit que moi qui suis le problème alors que je me suis sacrifié pour la Guinée. Mais il n’y a ce qu’on appelle ingratitude de fonction. Vous pouvez servir tout le peuple, on dirait que vous n’avez rien fait’’.
‘’Les religieux m’ont dit pour l’amour de Dieu, pour ne pas que la Guinée brule, que les gens meurent, d’accepter de tordre la main à la loi. On dirait que vous avez peur mais vous avez respecté les religieux. J’étais assis et j’ai répondu que j’ai entendu, je ne peux rien vous refuser au nom de la paix. Puisque la finalité de la loi, c’est la paix et la quiétude. C’est ainsi qu’ils m’ont dit qu’ils voudraient voir Foniké Mengué et Cie. Je leur ai demandé de venir, je vais les accompagner en prison’’, explique-t-il.
Il affirme qu’une fois à la maison centrale de Conakry, ‘’j’ai appelé le procureur général près la cour d’appel de Conakry qui travaille sous le contrôle du ministre de la justice. Si un autre ministre l’appelait, on aurait dit que c’est une ingérence de l’exécutif dans le judiciaire (…). Quand les avocats généraux sont rentrés avec les religieux, j’ai demandé qu’on me fasse le rapport de la rencontre. Le lendemain, j’entends Me Bea dire dans la presse que les Foniké Mengué rejettent l’offre du gouvernement. C’était pour rejeter le discrédit’’.
‘’Quand le pourvoi a été rejeté par la cour suprême, les religieux sont venus me voir pour poser des doléances. J’ai dit qu’il faut les écouter, parce que je ne veux pas avoir la honte de ces gens-là (…)’’, souligne Charles Wright, précisant que ‘’quand l’ordre de mise en liberté a été signé, ça a été la décision la plus difficile pour moi dans la vie. Mais au nom de la paix, de la quiétude, ça a été la plus bonne décision que je n’ai jamais prise dans ma vie. J’ai dit comme l’ordre de mise en liberté a été signé, pour ne pas continuer à les faire subir des préjudices, laissez-les rentrer chez eux. Les religieux ont appelé Me Béa quand ils étaient dans mon bureau. Ils lui ont dit : ‘On a besoin de vous. On a pu tordre la main au ministre de la justice. Mais vous aussi, en tant que conseil de Foniké Mengué et Cie, trouvez-nous à la maison centrale’. C’est ainsi qu’ils sont partis’’.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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