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Comment réduire les accidents de la route en Guinée ?

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Dans un monde où la mobilité est devenue une nécessité incontournable, la sécurité routière demeure un défi majeur pour de nombreux pays particulièrement Ouest-Africains. A ce niveau, s’il faut noter qu’à chaque 25 secondes, une personne meurt sur la route et que le pays le plus accidentogène (ou il y a plus d’accident est le Liberia, la mortalité routière en Guinée est d’environ 29 personnes sur 100.000 hbts selon le reporting Road Safety de l’Organisation mondiale de la santé. Encore faut-il noter que ces données ne prennent en compte que les accidents mortels légalement déclarés et enregistrés dans les hôpitaux publics et privés.

Ainsi donc, sur la liste des pays les plus dangereux pour les conducteurs, la Guinée occupe la première place critique. Cette position alarmante soulève des questions cruciales sur les causes sous-jacentes de cette mortalité routière élevée et sur les mesures à prendre pour améliorer non seulement la sécurité des conducteurs, mais aussi des autres usagers de la route (passagers, motards, piétons…).

Devant une multiplication quasi-quotidienne des accidents mortels et non mortels le long des nos routes nationales, il sied d’étudier les causes profondes de cette situation afin d’en dégager quelques pistes de solutions.

Ainsi, quelles sont les causes principales de la mortalité routière en Guinée ? Quelles solutions doivent-elles être mises en œuvre pour pallier cette situation ? S’il est difficile d’énumérer lesdites causes de façon exhaustive, il n’en demeure pas moins que les plus connues sont entre autres :

Infrastructures routières défaillantes : De nombreuses routes nationales pour ne pas dire la totalité sont en mauvais état et manquent d’entretien et de signalisation adéquate. Les nids-de-poule, l’éclairage insuffisant et le marquage routier inexistant ou effacé augmentent le risque d’accidents. En effet, outre les routes Conakry-Kankan, Conakry-Sierra-Léone et quelque peu Conakry-Kamsar, l’état de nos routes laisse à désirer.

Non-respect et/ou ignorance du code de la route : Le non-respect des règles de circulation, telles que les excès de vitesse, l’utilisation du téléphone portable au volant et le non-port de la ceinture de sécurité, le manque de courtoisie sont monnaie courante. Pourtant, la vitesse excessive est responsable de 50% des accidents de la route tant disque l’usage du téléphone au volant sous toutes ses formes (sms, écouteur, kit main double, bluetooth…) multiplie par 4 le risque d’accident.

Surcharge et état des véhicules : La surcharge des véhicules, particulièrement fréquente dans le transport public et privé, contribue également à l’augmentation du nombre d’accidents. En dehors de la surcharge et du surpoids, les véhicules ne sont pas souvent adaptés aux chargements qu’ils transportent. Il n’est pas rare de voir un véhicule destiné à transporter des passagers utilisé pour transporter des bagages et vice versa. Ce qui est totalement interdit par notre législation.

L’absence de culture de sécurité routière et le facteur humain : Il existe un manque flagrant de sensibilisation à la sécurité routière parmi les conducteurs et les piétons. Les campagnes d’éducation routière sont insuffisantes pour instaurer une culture de prudence sur les routes. A ce niveau, il faut noter l’engagement de l’AGUISER et bien d’autres entreprises privées particulièrement les mineurs et les pétroliers. La culture de la sécurité routière résultera d’un engagement étatique dès l’éducation civique des enfants.

De façon globale, les causes d’accident de la route sont la vitesse excessive, l’alcool, la drogue, le téléphone au volant, la fatigue au volant, les médicaments…Cependant, l’ensemble desdites causes recentre la question sur le conducteur notamment l’homme, car il est celui qui met la vitesse, prend l’alcool ou la drogue avant de conduire, qui utilise le téléphone au volant, qui fait des trajets sans repos… Ainsi, la question de la sécurité routière revient exclusivement à la formation, sensibilisation du conducteur sur les règles de conduite sécuritaire, mais aussi la répression en cas de violation.

Ce volet formation-sensibilisation-répression doit être décentralisé de la base au sommet. Cela passe nécessairement et forcément par un cadre législatif robuste. Il ne faut pas non plus oublier les policiers qui peuvent être source d’accident de la circulation. D’ailleurs, les usagers de la route se plaignent constamment. Les policiers sont plus préoccupés par combien ils peuvent soutirer au conducteur que par la régulation de la circulation. Naturellement, leurs conditions ne sont pas enviables, mais cela ne justifie en aucun cas le mauvais comportement.

Manque d’ouvriers qualifiés pour la maintenance et la réparation des véhicules :  Il est aujourd’hui extrêmement difficile en cas de panne de route de trouver un mécanicien qualifié pour intervenir sur votre véhicule. D’ailleurs, il n’est pas rare que l’intervention d’un mécanicien sur un véhicule s’avère plus désastreuse que la non-intervention. Entre surfacturation, escroquerie via l’achat des pièces non nécessaires ou non conformes, le vol d’autres pièces, l’incapacité de faire le bon diagnostic en cas de panne, l’abus de confiance…, les conducteurs de véhicules ne savent plus où donner la tête. La grosse question est de savoir à quel mécanicien se fier ?

Quelles mesures peut-on envisager ?

Pour inverser cette tendance dangereuse, plusieurs mesures doivent être envisagées :

1- Amélioration des infrastructures routières : Un investissement dans la construction, la réparation et l’entretien des routes est crucial. La mise en place de signalisations claires et d’éclairages adéquats peut grandement réduire les risques d’accidents.

2-  Renforcement du cadre légal et législatif :  L’adoption et l’application stricte des lois de la circulation est nécessaire. Cela inclut des contrôles réguliers pour lutter contre les excès de vitesse, l’alcool, la drogue et/ou le téléphone au volant et d’autres infractions.

 3- Formation des conducteurs : Il serait judicieux de développer un programme national de formation à la sécurité routière. Ce programme couvrant les axes essentiels d’une sécurité routière réussie à savoir le comportement du conducteur, l’état du véhicule et l’environnement routier (l’état de la route, autres usagers…). Déjà, l’amélioration de la formation des conducteurs, notamment par des cours de conduite défensive, est une étape clé pour prévenir les accidents.

4- De la police routière: Si d’ordinaire le rôle de la police routière est de réguler la circulation routière, en Guinée, il n’est pas rare que le comportement de certains agents entraîne des gènes, voire des accidents dans la circulation. Autrement, certains n’hésitent pas à bloquer la circulation afin de prendre quelques billets avec un chauffeur. D’autres se livrent à des pratiques peu orthodoxes. D’ailleurs, la corruption est à ciel ouvert entre conducteurs et policiers particulièrement à Conakry. Un autre élément important est qu’il semble au vu de la situation que bon nombre de policiers ne sont pas suffisamment outillés sur les méthodes et techniques de régulation de la circulation routière. Ainsi,  il faut mettre un accent particulier sur la formation et la répression des policiers.

4- Campagnes de sensibilisation et d’éducation à la sécurité routière : Des campagnes éducatives ciblant les conducteurs et les piétons pourraient développer une conscience de la sécurité routière. Ces campagnes doivent inclure aussi bien les exigences en matière de sécurité routière (règles relatives à l’aptitude de conduire, la capacité du véhicule….mais aussi les conséquences et sanctions en cas de violation).

De ce qui précède, il ressort clairement que la prévention des accidents de la route en guinée passera non seulement par l’adoption et la mise en œuvre d’un cadre législatif robuste, la construction, l’aménagement et l’entretien des infrastructures routières répondant aux normes mais aussi et surtout l’éducation à la sécurité routière de l’ensemble des usagers.

Par Ghaly Sow, Ing HSE

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