Conakry s’impose comme capitale du savoir avec le lancement de la 18ᵉ édition des 72 Heures du livre
Placée sous le haut patronage du président de la République, Mamadi Doumbouya, la cérémonie de lancement de la 18ᵉ édition des 72 Heures du livre s’est tenue au lac Gbassikolo. Entre ferveur culturelle et ambition numérique, ce rendez-vous majeur positionne désormais la Guinée comme une nation phare de la pensée et de l’innovation en Afrique.
C’est dans le cadre majestueux du lac Gbassikolo, devenu le symbole d’une capitale en pleine transformation, que le monde des lettres et des arts s’est réuni le vendredi 3 avril 2026.
Sous la présidence d’honneur de Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la Présidence, l’événement a rassemblé diplomates, membres du gouvernement et figures historiques du pays. Pour cette 18ᵉ édition, le livre quitte ses rayons pour devenir le moteur d’un dialogue entre les générations et les technologies.
Prenant la parole, la commissaire générale de l’événement a rappelé que le thème de cette 18ᵉ édition est : « Jeunesse et numérique, créativité, innovation et engagement ».
Pour Aïssata Kaporo Soumah, ce rendez-vous est une véritable mission. ‘’Plus qu’un thème, c’est une réalité que nous vivons et surtout une responsabilité que nous portons : celle d’accompagner une jeunesse connectée, ambitieuse, talentueuse, et de transformer le numérique en levier de création, d’innovation et d’impact positif pour notre société’’, a-t-elle déclaré.
Lui emboîtant le pas, Diaka Camara, présidente du comité d’organisation, a livré un vibrant plaidoyer sur la portée symbolique de cette édition. ‘’Les 72 Heures du livre, ce n’est pas seulement un salon. C’est une aventure humaine, culturelle et profondément guinéenne’’, a-t-elle affirmé avec émotion.
Forte de son expérience lors de la précédente édition dédiée à la puissance féminine, elle voit aujourd’hui dans le récit une force de résilience nationale.
‘’Les nations ne se construisent pas uniquement avec du béton, des routes et des chiffres. Elles se construisent aussi à partir des idées, avec des mots, des rêves, du savoir, et surtout avec la culture’’, a-t-elle assuré.
Cette dimension nationale est incarnée cette année par la ville de Forécariah, invitée d’honneur. Kalémodou Yansané, Kountigui des ressortissants de la localité, a témoigné sa gratitude au nom des populations du Moriah. ‘’Je voudrais confirmer ici que Forécariah est prête à vous recevoir au bord du fleuve Kisikissi le 26 avril 2026’’, a-t-il déclaré avec fierté.
Une hospitalité relayée par la gouverneure de la ville de Conakry, M’Mahawa Sylla, qui a rappelé que le lac Bassikolo est désormais le théâtre d’une reconnaissance mondiale. Elle a annoncé qu’à cette occasion, la désignation de la zone spéciale de Conakry par l’UNESCO comme ville créative sera bientôt célébrée.
Le livre comme pilier stratégique du développement national
En clôture de ces interventions, le ministre de la culture, du tourisme et de l’artisanat, Moussa Moïse Sylla, a pris la parole pour souligner la vision politique derrière ce festival dédié au livre.
Pour lui, le lac Bassikolo est le témoin d’une Guinée en pleine élévation. ‘’Ce lac n’est pas une étendue d’eau, c’est un miroir dans lequel se reflète notre capitale, mais aussi une ambition collective. Que la première grande respiration culturelle de cet espace soit dédiée au livre n’est pas un hasard, c’est un choix, un symbole, un message puissant : la Guinée pense, la Guinée lit, la Guinée écrit son destin’’, a-t-il précisé le ministre.
Moussa Moise Sylla a tenu à lier cet événement aux réformes structurelles du pays, notamment le programme Simandou 2040, qui place l’éducation et la culture au centre du projet de société.
Remerciant le ministre Djiba Diakité pour son implication personnelle et le président Mamadi Doumbouya pour son soutien constant, il a réitéré l’importance d’offrir des espaces d’expression à la nouvelle génération.
‘’La jeunesse guinéenne n’attend pas, elle crée déjà, elle innove, elle écrit, elle code. Mais elle a besoin de reconnaissance et d’opportunités. Les 72 Heures du livre sont précisément l’un de ces espaces de révélation’’, a-t-il ajouté.
En rappelant que Conakry est désormais Ville créative de l’UNESCO, le ministre a conclu sur une note d’espoir, invitant chacun à faire du livre un outil de transformation durable pour la nation.
Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info
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