Ce coup d’État est trop beau pour être vrai. C’est vrai. Cependant, la véritable question que beaucoup se posent aujourd’hui est de savoir qui, entre le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, et le candidat indépendant, Fernando Dias Da Costa, est le grand perdant de cette situation confuse.
Pourquoi ce coup de force militaire ou cette mise en scène intervient-il au moment où le peuple de Guinée-Bissau attend, avec impatience et dans une atmosphère calme, les résultats de la présidentielle ?
Est-ce pour sauver Embaló, qui a perdu dans les urnes, selon beaucoup de personnes, et ne peut pas s’imposer par la force ? Ou est-ce pour sauver les meubles, voire les arrières, d’Embaló, afin d’éviter que le jeune Fernando Dias Da Costa, soutenu par Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et figure centrale du PAIGC, ne vienne au pouvoir ?
Renversé, en moins de 48 heures, le président déchu Umaro Sissoco Embaló a quitté la Guinée-Bissau pour se réfugier au Sénégal. Peut-on renverser un général et le laisser quitter le pays aussi facilement, sans craindre un renversement de la situation ? L’avenir nous le dira.
En attendant, observons comment les choses évoluent, car aussi longtemps qu’un manchot cache son infirmité, le monde finira par le découvrir.
Sayon MARA
Juriste

