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Coyah : trois prévenus poursuivis pour vol et recel de matériaux de construction

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Soutra

Le procès de trois hommes poursuivis pour vol et recel de matériaux de construction s’est ouvert ce mercredi devant le tribunal de première instance de Coyah. Parmi les prévenus figure un septuagénaire. Les faits reprochés remontent à environ cinq mois.

À la barre, Souleymane Diallo, poursuivi pour vol, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué avoir agi avec deux autres personnes, dont un certain Djibril et Ismaïla Diallo.

‘’Ce jour-là, nous étions trois. Vers 16 heures, nous sommes allés sur les lieux. Djibril a escaladé la cour pour nous remettre les matériels par derrière. Nous avons pris des feuilles de tôles, des cadres de vitres et un échafaudage. Les tôles et les cadres ont été amenés chez le vieux pour être pesés. Une partie a aussi été vendue à un certain Sékou Soumah. L’échelle a été vendue à Yacine Diallo. Nous avons effectué cinq voyages tellement les matériels étaient nombreux. Après le partage, je n’ai reçu que 200 000 francs guinéens’’, a-t-il déclaré.

Interrogé par le juge sur la connaissance éventuelle de l’origine frauduleuse des objets par les acheteurs présumés, le prévenu a tenté de les disculper.

‘’Pour ne pas les accuser, le vieux Sékou Sylla et Yacine ne savaient pas que c’étaient des objets volés. Ils ont acheté avec nous parce qu’ils ne nous connaissent pas dans de faux problèmes. Les tôles étaient déjà abîmées. Nous avons volé juste pour avoir de l’argent’’, a-t-il soutenu.

De son côté, Mamadou Yacine Diallo, marié et père de trois enfants, a rejeté toutes les accusations portées contre lui. Il reconnaît connaître Souleymane Diallo à travers son père, maçon de profession, mais assure n’avoir jamais acheté de matériel avec lui.

Le septuagénaire Sékou Sylla a, quant à lui, reconnu avoir acheté des tôles usées au prévenu, tout en affirmant ignorer leur provenance illicite.

‘’J’ai un magasin destiné à ce commerce. Les gens ramassent des objets et viennent me les vendre. Je les pèse avant de les stocker. Honnêtement, j’ai acheté des tôles usées qui étaient dans un sac. Le soir, il est revenu avec une brouette endommagée que j’ai également pesée. Lorsque son père est venu chez moi, il a reconnu la brouette et m’a dit : ‘Mon fils n’est pas bien, c’est un voleur. Quand il envoie quelque chose, il ne faut pas acheter’. Il a repris la brouette et nous nous sommes excusés. Le lendemain, le jeune est revenu avec du fer, mais mes enfants l’ont chassé après l’avoir battu. Depuis ce jour, il n’est plus revenu’’, a relaté Sékou Sylla.

Appelé à témoigner, Foromo Kolié, ingénieur en bâtiment et plaignant dans cette affaire, a affirmé avoir porté plainte contre Souleymane Diallo pour le vol de plusieurs matériaux de construction de grande valeur. Selon lui, c’est le principal prévenu qui a cité Sékou Sylla et Mamadou Yacine Diallo comme receleurs présumés.

Après avoir entendu les différentes parties, le juge Nouhan Sacko a estimé que le dossier ne pouvait pas être examiné dans le cadre d’une procédure de flagrant délit. Il a ainsi décidé de renvoyer l’affaire au parquet pour l’ouverture d’une information judiciaire.

‘’Les personnes poursuivies pour recel ne peuvent pas être considérées comme receleurs de tous les biens mentionnés dans la plainte, au regard des déclarations du prévenu. Si le tribunal rendait une décision à ce stade, cela pourrait causer un préjudice au plaignant comme aux prévenus. D’autant plus que d’autres personnes citées dans cette affaire sont toujours en fuite’’, a expliqué le magistrat.

Le juge a également souligné l’importance des biens volés et la nécessité de poursuivre les investigations afin d’identifier tous les suspects et déterminer la destination des objets dérobés.

En conséquence, le tribunal a ordonné, en application de l’article 436 alinéa 2 du Code de procédure pénale, le retour du dossier au ministère public pour l’ouverture d’une information judiciaire. Les prévenus restent maintenus en détention en attendant leur comparution devant le juge d’instruction.

Djiwo Barry, pour VisionGuinee.Info

00224 621 85 28 75 / djiwobarry@visionguinee.info

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