Réagissant depuis l’étranger à la main tendue du président Mamadi Doumbouya, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, estime que la confiance est désormais rompue entre la classe politique et le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).
‘’Est-ce que la main est tendue ? Moi, je ne la vois pas’’, a-t-il tranché, évoquant un profond déficit de confiance avec les autorités.
Selon l’ancien Premier ministre, ‘’la confiance qui liait Mamadi Doumbouya au peuple de Guinée a été détruite par lui-même’’.
Il rappelle que le chef de l’Etat avait pris des engagements solennels dès sa prise de pouvoir, notamment le respect des libertés publiques, la protection des droits humains et un retour apaisé à l’ordre constitutionnel à travers des élections libres, transparentes et inclusives, auxquelles ni lui ni ses collaborateurs ne seraient candidats. ‘’Il a inscrit ces engagements dans la charte de la transition. Il est venu jurer sur cette charte de la respecter, de la faire respecter’’, a-t-il souligné.
Cellou Dalein Diallo constate que ‘’malheureusement, dans la pratique, sa gouvernance a été marquée par la violation récurrente et massive des droits de l’homme et la restriction drastique des libertés publiques’’. Il reproche au président Doumbouya de n’avoir ‘’respecté aucun engagement, aucune partie de son serment et aucune partie de la charte de la transition’’.
Il affirme par ailleurs que le pays est plongé dans un climat de peur. ‘’Il a mis en place instauré un climat de terreur. Tous ceux qui le contestent risquent la disparition forcée, des poursuites judiciaires fantaisistes’’, a-t-il dénoncé. À ce sujet, il évoque plusieurs cas de disparitions, citant entre autres Foniké Mengué, Billo Bah et Marouane Camara.
Il révèle qu’il ‘’y a trois ou quatre jours, une de mes militantes très active a été kidnappée’’, précisant que son parti n’a pas pu la localiser jusque-là.
Face à cette situation, l’ancien Premier ministre se demande ‘’avec qui dialoguer ? Lorsqu’on n’a pas confiance à celui qui vous appelle au dialogue, comment voulez-vous dialoguer ?’’, avant d’appeler les guinéens à la résistance : ‘’Il faut lutter pour libérer le peuple de Guinée de cette dictature militaire’’.
Pour le leader de l’UFDG, les guinéens sont aujourd’hui confrontés à une ‘’dictature qui ne tolère aucune contestation, aucune dénonciation des dérives autoritaires dont Mamadi Doumbouya se rend tous les jours coupable’’.
Djiwo BARRY, pour VisionGuinee.Info
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