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Dansa Kourouma aux autorités : ‘’Si nous voulons changer le comportement des guinéens, changeons d’abord nos comportements’’

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Soutra

Lors d’une plénière à l’hémicycle, le président du Conseil national de la transition (CNT), Dansa Kourouma, a interpellé les dirigeants sur l’impérieuse nécessité de donner l’exemple et d’améliorer les conditions de vie des populations guinéennes.

‘’Il est extrêmement important qu’on améliore les choses’’, a martelé le Numéro 1 du CNT, rappelant au ministre du budget, que ‘’nous avons eu cette discussion la dernière fois. La croissance, le taux de croissance, tout ce qu’on évoque comme indicateur économique, ne s’apprécie pas à travers les chiffres. C’est les retombées en matière d’amélioration des conditions de vie des populations. Sinon, on passe à côté’’.

Dr Dansa Kourouma dit à qui veut l’entendre que ‘’je ne me positionne pas en termes de chiffres. Dans les quartiers et communes que nous avons sillonnés, ce que nous avons vu comme besoins de la population, quel est le rythme par lequel le changement est opéré dans le quotidien de ces populations-là. Moi, je me situe à ce niveau’’.

Il assure que ‘’le budget peut être multiplié par 1000, 3 000, mais si les souffrances des populations se maintiennent ou s’aggravent, il faut savoir où placer le curseur. Il faut se dire qu’est-ce qui ne va pas. Et c’est cette question qu’on se pose’’.

‘’Il faut des mesures structurelles pour corriger le fait que les collectivités ne peuvent pas absorber des fonds. Parce que si les collectivités n’absorbent pas leur budget, il y aura des écoles sous forme de hangars. Les enfants vont étudier sous des fromagers. Je ne suis pas du tout convaincu qu’on se limite au niveau du taux d’absorption des collectivités au moment où on ne nomme pas les receveurs communautaires. Qui va recevoir l’argent ? Qui va gérer les ressources qu’on va leur donner ?’’, s’interroge le président du CNT.

Il demande à l’État central de ‘’dépenser dans les collectivités l’argent qui est destiné aux collectivités, et non qu’à construire des écoles, et non qu’à construire des foyers de jeûne et les centres de santé, les infrastructures nécessaires pour les collectivités. Parce que la nomination des receveurs communautaires est un obstacle. Et cet obstacle-là, il n’est pas une fatalité’’.

Il insiste sur le fait que ‘’c’est notre responsabilité, parce qu’on ne veut pas que les collectivités bénéficient des fonds qu’il faut. Et le développement socio-économique ambitionné par le président de la République. Parce que nous avons un président de la République humain, qui met l’être humain au-dessus de tout, qui sort du confort du palais, qui se confronte aux réalités du pays, au quotidien des citoyens’’.

Tout en restant convaincu que ‘’quand l’exécutif donne le ton en termes d’humanisme pour bâtir un État social, les autres organes de l’État doivent pouvoir aller dans ce sens-là. Ce n’est pas de l’altruisme, en réalité. Parce que le développement doit se mesurer sur le bien-être de la population’’.

Pour illustrer ses propos, il indique que ‘’l’échangeur de Bambeto, qu’on vient d’inaugurer, au moment où c’était considéré que c’est une fatalité, qu’on ne peut pas réaliser cette infrastructure, ça s’est réalisé. Il n’y a pas eu de manifestation qui a interrompu la réalisation de l’édifice’’.

Aux autorités, Dansa Kourouma lance un appel ferme : ‘’Si nous voulons changer le comportement des guinéens, changeons d’abord nos comportements, nous dirigeants. Quand un guinéen quitte ici, il va à Paris, il ne jette pas les sachets d’eau sur les Champs-Élysées. Mais dès qu’il descend à l’aéroport de Conakry, il commence à jeter les sachets d’eau. Donc, quelque chose ne va pas. Quand l’Etat montre les meilleurs exemples, les populations changeront’’.

A ses yeux, la recommandation la plus importante à faire au Premier ministre et à l’ensemble des membres du gouvernement, est l’effectivité de la décentralisation. ‘’Si nous ne rendons pas la décentralisation effective, je vous assure, quels que soient les efforts qu’on fera en matière de développement, en matière de planification et de programmation, le guinéen ne changera pas de niveau de vie, ni de qualité de vie’’, prévient le président du CNT.

Il fait remarquer aux gouvernants que ‘’près de 70% de notre population se trouvent à l’intérieur du pays. Ils vivent d’agriculture, d’élevage, de petits commerces et des activités minières. C’est pourquoi, la question de la décentralisation n’est pas une question qu’on peut négocier avec le gouvernement. C’est une question de vie, c’est une question d’existence. C’est la raison d’être de l’État, de se décentraliser, que les ressources mobilisées, au nom de la population, au niveau central, soient redistribuées. C’est ça la justice économique, c’est ça l’équité économique’’.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info

00224 621 77 38 52/bahpathe17@gmail.com

Soutra
1 commentaire
  1. Mory Soumaoro dit

    Voila ce que nous attendons de nos representants

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