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De 2023 à 2026 : la constance d’une parole, la preuve par les actes

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Soutra

Il est des discours qui s’évaporent au lendemain de leur prononciation, avalés par le vide des promesses diplomatiques. Et il en est d’autres qui s’inscrivent dans le marbre de l’Histoire, parce qu’ils engagent corps et âme celui qui les porte. En gravissant, ce mercredi, les marches de la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Son Excellence le Président Mamadi Doumbouya n’a pas simplement pris la parole au nom de la Guinée. Il a refermé une boucle vertueuse, ouverte trois ans plus tôt, sous ces mêmes voûtes, devant cette même assemblée.

Le temps du diagnostic et de la rupture

En septembre 2023, le Chef de l’État avait créé l’onde de choc par sa franchise foudroyante. Il avait posé un diagnostic sans détour, dépouillé des courtoisies d’usage : le modèle de gouvernance importé sur le continent, plaqué sans égard pour nos réalités, étouffait les aspirations des peuples africains. Il avait exigé la fin du paternalisme traitant l’Afrique en éternelle mineure, martelant que la Guinée n’était inféodée à aucune puissance, mais vouée tout entière à l’Afrique.

Certains esprits chagrins y avaient vu une provocation. D’autres, une posture éphémère. L’Histoire, juge implacable, retiendra qu’il s’agissait en réalité d’un plan de bataille.

Le temps de la preuve et de la souveraineté

Car le discours de 2026 n’est pas une répétition ; il est l’aboutissement de celui de 2023. Le Président l’a lui-même assumé devant le monde : « Je le maintiens. » Mais le registre, lui, a changé. Hier, il s’agissait de nommer le mal. Aujourd’hui, il s’agit d’exposer les remèdes. « Non pour dénoncer, mais pour partager », a-t-il affirmé. La force de cette prise de parole réside tout entière dans cette cohérence d’airain entre l’annonce et l’acte accompli.

Cette cohérence, elle s’incarne d’abord dans l’architecture institutionnelle de notre nouvelle République :

  • La souveraineté politique : La Guinée s’est dotée d’une Constitution adoptée par référendum, forgée dans le creuset de sa propre histoire et de sa diversité.
  • L’indépendance financière : Elle a conduit l’intégralité de son cycle électoral, des locales à la présidentielle, en le finançant exclusivement sur ses fonds propres. Pour une nation à qui l’on a si longtemps dicté la marche à suivre, c’est un triomphe de la volonté.

L’épopée des chantiers en marche

Elle se lit ensuite dans la géographie de nos territoires. Ce sont des routes qui désenclavent, des écoles et des hôpitaux qui s’élèvent, le mégaprojet Simandou arraché aux chimères pour devenir réalité. Ce sont des raffineries d’alumine en construction pour exiger la valeur ajoutée sur notre sol, et l’édification d’une raffinerie d’or parmi les plus titanesques du continent.

Derrière l’acier et le ciment, il y a une boussole : Simandou 2040, la vision d’une richesse minière convertie en levier absolu pour l’agriculture, l’énergie, l’éducation et la santé. Et au centre de gravité de cette ambition : la jeunesse guinéenne, à qui la Simandou Academy offre désormais les clés de son propre destin.

Un monde nouveau, une fierté retrouvée

Le message de Conakry n’est pas celui de la fermeture. Le Président a posé les jalons clairs d’une Guinée qui ne rejette pas la coopération, mais qui exige un partenariat réinventé, fondé sur la dignité des souverainetés et le respect du génie propre à chaque peuple.

Cette voix souveraine a fait vibrer l’âme de notre diaspora. Dès l’arrivée du Chef de l’État à New York, les Guinéens établis aux États-Unis ont répondu avec une ferveur incandescente. Rassemblés au Waldorf Astoria, brandissant le Rouge-Jaune-Vert de notre patrie, ils ont démontré que l’exil n’éteint pas la flamme nationale. Eux aussi sont les fantassins de cette Ve République qui avance.

Le boubou national

L’habit fait parfois l’homme d’État, et le vêtement se mue alors en manifeste politique. Lorsque le Président de la République franchit le seuil des grands cénacles internationaux, il ne s’avance pas engoncé dans le conformisme d’un costume sombre taillé dans les capitales occidentales ; il impose au monde la majesté immaculée du grand boubou national. Mais ce vêtement d’une blancheur éclatante n’est pas qu’une simple parure, c’est une géographie cousue de fil blanc, un hommage vibrant au savoir-faire ancestral de nos artisans.

En son sein s’entrelacent subtilement des fragments de textiles issus des quatre grandes régions naturelles de notre pays. De la Basse Guinée à la Moyenne Guinée, de la Haute Guinée à la Guinée forestière, chaque étoffe insérée est un battement de cœur de la patrie. En revêtant cette synthèse parfaite de notre patrimoine, le Chef de l’État ne fait pas que célébrer la richesse de nos traditions. Il pose un acte d’une profonde gravité républicaine : celui du Père de la Nation qui porte physiquement sur ses épaules, et tout contre son cœur, la Guinée dans sa fascinante complexité, sa bouillonnante diversité et son indéfectible unité.

Trois années séparent ces deux discours. Entre l’étincelle et le feu, une seule ligne, inébranlable : celle d’une Guinée qui choisit sa voie, qui la bâtit par la sueur de son front, et qui en rend compte, la tête haute, face au monde. En politique, la constance est l’apanage des grands hommes. À New York, elle a pris la forme éclatante d’un bilan. C’est, à n’en point douter, la réponse la plus foudroyante à tous ceux qui, hier encore, osaient douter.

Soutra
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