Ultimate magazine theme for WordPress.

De décharge d’ordures à parc urbain : ‘’Dar-es-Salam était devenue une honte nationale’’, déplore le ministre Aboubacar Camara

0
Soutra

Après près de trois décennies d’accumulation de déchets, la décharge de Dar-es-Salam s’apprête à fermer définitivement ses portes. Lors du lancement des travaux de fermeture et de réhabilitation du site, le ministre de l’assainissement, de l’hydraulique et des hydrocarbures, Aboubacar Camara, a rappelé les lourdes conséquences sanitaires et environnementales de cette situation, avant de présenter le projet de transformation des lieux en parc urbain végétalisé.

‘’Pendant près de trois décennies, sur plus de 280 000 m² se sont accumulés ici plus de 9 millions de mètres cubes de déchets, soit environ 7,2 millions de tonnes. Ces sites ont rejeté dans l’atmosphère quelque 250 000 tonnes de méthane, l’équivalent de 6 millions de tonnes de CO2, tandis que ces jus qui percolaient sans traitement vers le sol, la nappe phréatique et malheureusement le littoral’’, a-t-il expliqué.

Aboubacar Camara a mis l’accent sur les conséquences de cette décharge pour les populations riveraines. D’après les estimations de ses services, établies sur la base des références de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et avec l’appui de la ministre de la Santé, entre 150 000 et 250 000 personnes vivaient chaque jour dans un rayon de deux kilomètres autour du site. Sur une période de 25 ans, près de deux millions de personnes auraient ainsi été exposées.

‘’Les fumées, les incendies, les gaz du massif, les mouches et les rongeurs ont laissé leurs marques dans ce quartier. Des milliers de bronchites et d’asthmatiques chroniques, des nourrissons nés trop petits, des récupérateurs à la santé brisée et presque tous l’ignoraient, car nul n’a jamais régné leurs mâles à l’air qu’ils respiraient. En décidant la fermeture de ce site, le président de la République vient d’éteindre une catastrophe écologique, sanitaire et environnementale dont nul n’aura jamais mesuré l’ampleur silencieuse. Il vient de sauver des vies qui ne porteront jamais son nom parce qu’elles ne sauront jamais qu’elles ont été sauvées. Il vient de rétablir une dignité que nous tous, habitants de cette capitale, avions fini par ne plus espérer’’, a-t-il indiqué.

Avant d’insister sur la place particulière de cette fermeture dans la politique d’assainissement de la capitale, le ministre Aboubacar Camara a souligné que ‘’Dar-es-Salam était devenue une honte nationale, il faut le dire. Malgré les efforts constants pour assainir Conakry, tant que cette décharge demeurerait ouverte, rien n’avait d’impact. Sa fermeture n’est donc pas une réussite parmi d’autres, elle est la condition de toutes les autres. C’est un événement historique’’.

Au-delà de la fermeture du site, les autorités ambitionnent de lui donner une nouvelle vocation. Un parc urbain végétalisé, accessible à la population, devrait voir le jour sur cet espace autrefois occupé par des montagnes de déchets. ‘’Et puis viendra le parc. Un parc urbain végétalisé, ouvert à la population. Pour la première fois, le Conakryka pourra dire à sa famille un week-end : allons nous promener et prendre de l’air au parc de Dar-es-Salam. Là où se levait une montagne de déchets s’imposera désormais une grande verdure, visible de tout étranger qui atterrira sur Conakry et qui portera un message silencieux mais profond’’, a-t-il annoncé.

Il souhaite faire de ce futur espace un symbole du changement dans la gestion de l’environnement à Conakry, avec un message également destiné aux visiteurs de la capitale.

Le ministre Camara a rappelé que la réussite de cette politique ne dépendra pas uniquement des interventions de l’État. Il a appelé les collectivités, les communautés, les entreprises et les citoyens à s’impliquer davantage dans la préservation de la salubrité publique.

‘’L’assainissement ne peut se reposer sur les seules interventions de l’État, il exige l’engagement des collectivités, des communautés, des entreprises et de chaque citoyen. Nous devons combattre les dépôts anarchiques, protéger nos espaces publics et enraciner la culture de la salubrité depuis les écoles’’, a-t-il lancé.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info
00224 622 98 97 11 | boussouriou.bah@visionguinee.info

Soutra
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info