Des motards jugent exorbitant le prix du permis de conduire : ‘’l’Etat doit réduire les 800 000 GNF, nous vivons au jour le jour’’
À partir du 29 novembre 2025, le permis de conduire moto deviendra obligatoire en Guinée, conformément à une nouvelle mesure du ministère des transports visant à renforcer la sécurité routière et à réguler le secteur des taxis-motos et toute autre personne détenant une moto.
Ce mardi 25 novembre 2025, un reporter de VisionGuinee a interrogé des conducteurs de taxis-motos de Koloma Soloprimo afin de recueillir leurs réactions. Entre soutien de principe, inquiétudes financières et propositions d’adaptation, les avis sont partagés.
Pour Ibrahima Sory Bah, motard rencontré sur les lieux, la mesure n’est pas mauvaise. ‘’J’ai appris le communiqué du gouvernement sur les réseaux sociaux. Ils disent que c’est pour réduire le banditisme, parce qu’il y a des gens qui ne sont pas responsables, même des enfants de moins de 18 ans qui conduisent. Souvent, ce sont eux qui créent les problèmes dans la circulation. Donc ils veulent responsabiliser les conducteurs’’, souligne-t-il.
Cependant, le coût annoncé pour obtenir ce permis inquiète. ‘’Ce ne sera pas facile. Certains parlent de 580 000, d’autres de 700 000 ou même 800 000 francs pour obtenir le permis. L’État doit réduire ce montant. Nous vivons au jour le jour. C’est quand on sort qu’on gagne de quoi manger. Il faut diminuer le coût pour que chacun puisse l’obtenir’’, plaide-t-il.
Younoussa Diallo, conducteur de moto-taxi, estime que l’initiative peut aider à mieux organiser la circulation. ‘’C’est une bonne chose. Structurer la circulation est important’’, affirme-t-il,
Toutefois, il souligne que ‘’quand on parle de permis, il faut des mesures réalistes. Les formations dans les auto-écoles nous compliquent la tâche. Nous sommes déjà organisés en structures syndicales. Chaque commune a son bureau. L’État doit collaborer avec ces bureaux pour organiser des formations par commune, moins coûteuses’’.
‘’Chaque année, des centaines de diplômés sortent des universités sans emploi. Beaucoup deviennent taxi-motards, faute de moyens. Si le prix est trop élevé, ils ne pourront jamais obtenir le permis. Ce que nous voulons, c’est que l’État facilite l’accès à ce permis en baissant le prix’’, ajoute-t-il.
Pour Mamadou Aliou Diallo, le gouvernement devrait d’abord se pencher sur d’autres engagements restés sans suite. ‘’Il y a des choses plus importantes que le permis moto. La gratuité des cartes d’identité avait été annoncée, mais on n’a rien vu’’, martèle-t-il.
Il juge la mesure difficilement applicable dans un contexte économique tendu. ‘’Si le prix est à 150 000 francs, on peut essayer. Mais s’ils parlent de 800 000, c’est trop compliqué. Nous demandons à l’État de revoir ce prix pour éviter plus de chômage’’, conclut-il.
Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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