En Guinée, ‘’la politique du gouvernement est assez discriminatoire vis-à-vis de la presse’’, selon RSF
La Guinée s’est classée 85e sur 180 avec un score de 59,51 en matière de liberté de la presse, selon le rapport de la 21e édition du classement mondial de la liberté de la presse publié ce mercredi 3 mai 2023 par Reporters sans frontières (RSF).
Le classement mondial de la liberté de la presse, établi par RSF, évalue les conditions d’exercice du journalisme dans 180 pays et territoires. Le rapport est publié à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai.
En Guinée, selon le rapport, ‘’le pluralisme des médias est bien réel en Guinée, mais le nouveau régime de transition, installé depuis le coup d’Etat de septembre 2021, est encore attendu au tournant sur les questions relatives à la liberté de la presse’’.
RSF note que ‘’le paysage médiatique est pluraliste’’, tout en précisant que ‘’la loi sur la liberté de presse de 2010 empêche une concentration excessive des médias. Depuis les années 1990, la presse écrite est florissante : sur 65 hebdomadaires existants, dix paraissent régulièrement, qu’il s’agisse de journaux satiriques comme Le Lynx, ou de journaux d’information générale comme L’Indépendant’’.
‘’Le secteur audiovisuel est composé d’au moins 60 radios et d’une dizaine de chaînes de télévision. En ligne, une centaine de sites d’information ont vu le jour en 25 ans. Pourtant, la production d’informations critiques et indépendantes reste difficile, particulièrement lorsque celles-ci mettent en cause des membres du gouvernement ou des forces de sécurité’’, lit-on dans le rapport sur le classement mondial de la liberté de la presse.
Evoquant le contexte politique guinéen, RSF rappelle que durant la présidence d’Alpha Condé (2010-2021), ‘’les autorités tentaient régulièrement de censurer les médias critiques du pouvoir. Quelques semaines après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de transition, le Premier ministre s’est engagé, lors d’une rencontre avec RSF, à défendre la liberté de la presse’’.
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) constate que ‘’la politique du gouvernement est assez discriminatoire vis-à-vis de la presse : les médias de service public sont favorisés aux dépens des médias privés en ce qui concerne les communications gouvernementales’’.
Elle reconnait que ‘’la fin des peines privatives de liberté pour les délits de presse consacrée dans la loi sur la liberté de la presse promulguée en 2010 constitue une avancée majeure pour protéger les journalistes’’.
Toutefois, souligne RSF, ‘’la loi organique portant sur le droit d’accès à l’information publique et instaurant le principe de transparence n’est toujours pas en vigueur malgré son adoption en novembre 2020. Des journalistes continuent de faire l’objet de convocations ou d’arrestations, bien que ces dernières soient relativement rares. En septembre 2022, la Haute Autorité de la communication (HAC) a suspendu cinq journalistes sans respecter les procédures légales’’.
Selon toujours RSF, en Guinée, ‘’les médias de service public sont favorisés aux dépens des médias privés, l’État leur donnant la priorité dans l’accès aux événements officiels et pour effectuer les communications gouvernementales. Les subventions accordées aux médias privés sont jugées insuffisantes. En outre, la pandémie de Covid-19 a exacerbé les difficultés financières touchant le secteur de la presse’’.
Elle fait remarquer que ‘’les journalistes sont régulièrement victimes d’agressions et de violences, particulièrement lors de manifestations politiques. Face à ces dangers, plusieurs ateliers portant sur la protection des journalistes ont été organisés par les syndicats de la profession et le Programme de développement des Nations unies (Pnud). Les professionnels des médias sont aussi fréquemment victimes de menaces de mort et de harcèlement sur les réseaux sociaux. Les auteurs de ces actes de violence, souvent des agents des forces de l’ordre, mais aussi des militants de partis politiques ou des activistes, restent dans l’immense majorité impunis’’.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info
00224 621 77 38 52/bahpathe17@gmail.com

