En Guinée, chaque fois qu’une idée marche, elle devient une mode. Un a ouvert un cyber ? En deux mois, chaque quartier en compte dix.
Les télécentres ont cartonné ? On en trouvait à chaque coin de rue. Les mototaxis et tricycles ont explosé ? La ville entière s’est transformée en embouteillage roulant.
Le problème, ce n’est pas d’imiter. C’est de copier sans innover, de reproduire sans améliorer, de faire sans comprendre.
Notre entrepreneuriat s’est transformé en photocopie géante : les mêmes idées, les mêmes produits, les mêmes erreurs, répétés à l’infini.
Pendant que le nombre d’entreprises explose, le marché, lui, reste le même. Les revenus se divisent, les acteurs s’épuisent, et au final, tout le monde travaille, mais personne ne prospère.
Ce phénomène n’est pas seulement le fruit d’un manque de créativité. Il traduit aussi la faiblesse de la réglementation, l’absence de suivi par les autorités de régulation.
Quand tout le monde peut s’installer sans encadrement, sans règles claires, c’est la qualité, la sécurité et la compétitivité qui en paient le prix.
Pourtant, au milieu de ce désordre, certains entrepreneurs se battent pour se démarquer : ils innovent, structurent, investissent, cherchent à faire différemment.
Mais ces efforts sont souvent étouffés par un environnement où l’improvisation est plus visible que la rigueur, et où l’exemple du plus bruyant efface celui du plus brillant.
Entreprendre, ce n’est pas imiter ce qui marche ailleurs. C’est penser, adapter, améliorer, construire durablement. Et sans cadre, sans accompagnement, sans régulation, aucune économie ne se développe.
Danda Diallo

