Face au terrorisme et aux menaces sécuritaires, le général Kalil Condé veut des officiers ‘’capables d’anticiper les crises, de planifier les opérations’’
La Guinée franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son appareil de défense avec le lancement de la première promotion de l’École de guerre de Guinée (EGG). Cette institution, destinée à former les futurs hauts responsables militaires, accueille 32 officiers stagiaires pour neuf mois de formation axée sur la stratégie, le commandement et l’anticipation des crises sécuritaires.
Issus de l’État-major général des armées et du Haut commandement de la gendarmerie nationale, direction de la justice militaire, ces 32 officiers constituent la toute première promotion de cette institution d’enseignement militaire supérieur. Ils seront appelés, au terme de leur formation, à assumer de hautes responsabilités dans la conduite des opérations et la protection de la nation.
Prenant la parole à cette occasion, le directeur de l’École de guerre de Guinée, le général de deuxième section Amadou Kaba, a insisté sur la nécessité de former des officiers dotés non seulement de solides connaissances militaires, mais également d’un esprit critique et d’une capacité d’adaptation aux nouveaux défis sécuritaires.
‘’Nos forces de défense doivent plus que jamais être dotées de connaissances et de savoir-faire militaires, mais également d’une capacité d’analyse et d’adaptation dans les prises de décision, indispensable au commandement au plus haut niveau. Mes cadres et moi, nous nous engageons à mettre en œuvre notre énergie et nos compétences respectives pour mériter la confiance placée en nous en menant à bien la mission’’, a-t-il déclaré.
S’adressant aux officiers stagiaires, le directeur de l’EGG les a exhortés à faire preuve de courage intellectuel, d’indépendance d’esprit et de responsabilité dans l’exercice de leurs futures fonctions.
‘’Vous ne devez pas être des officiers béni-oui-oui ou des bureaucrates dociles. Votre courage doit résider dans votre capacité à penser différemment et à dire la vérité à sa hiérarchie ainsi qu’aux décideurs politiques. C’est pourquoi, dès l’entame du stage, vous devez vous approprier le fait que la création de cette institution intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement volatil, marqué par la complexification des menaces et l’incertitude qui caractérise désormais l’environnement opérationnel’’, a-t-il souligné.
Déterminé à faire de cette première promotion une réussite, il a assuré que ‘’mon action consistera, pour y arriver, à ce qu’il n’y ait aucune fausse note. Je sais compter sur l’engagement de l’ensemble du corps enseignant et de l’encadrement de l’École de guerre’’.
De son côté, le ministre délégué auprès du président de la République chargé de la défense nationale a présenté l’ouverture de cette école comme une étape majeure dans la réforme de l’enseignement militaire engagée sous l’impulsion du chef de l’État, Mamadi Doumbouya.
«’’Cette cérémonie constitue une étape majeure dans la construction d’une armée moderne, professionnelle, disciplinée et résolument républicaine. Elle traduit une vision claire et déterminée du président de la République, M. Mamadi Doumbouya. Sous son leadership, la Guinée a engagé une réforme ambitieuse de l’enseignement militaire : le Prytanée militaire, l’École d’État-major de Guinée, les écoles de la Gendarmerie nationale de Sonfonia, l’Académie navale de Kassa et aujourd’hui, le deuxième cycle de l’enseignement supérieur, l’École de guerre’’, a-t-il énuméré.
Selon le général Ibrahima Khalil Condé, ces différentes institutions constituent désormais un dispositif cohérent permettant d’accompagner les militaires tout au long de leur parcours professionnel, depuis leur formation initiale jusqu’à l’exercice des plus hautes responsabilités stratégiques.
«’’Cette structure forme désormais une chaîne cohérente et progressive de formation de jeunes élèves officiers jusqu’aux plus hautes responsabilités stratégiques ‘’, a-t-il fait remarquer.
Évoquant les défis auxquels les forces armées sont confrontées, le général à la retraite a souligné la place particulière qu’occupe l’École de guerre dans cette nouvelle architecture de formation.
‘’L’École de guerre occupe une place particulière dans cette architecture. Elle est le lieu où se forgent les chefs capables d’anticiper les crises, de planifier les opérations, de commander et de décider avec discernement dans un environnement régional et international marqué par le terrorisme, la criminalité transnationale, les cybermenaces et les instabilités régionales’’, a-t-il indiqué.
Pour le ministre délégué chargé de la défense nationale, la modernisation des forces armées ne saurait se résumer à l’acquisition de matériels et d’équipements militaires. Elle doit également reposer sur la formation de cadres compétents, intègres et capables de prendre des décisions adaptées aux enjeux contemporains.
‘’Une armée moderne ne se limite pas à la possession d’équipements. Elle repose avant tout sur la qualité de ses cadres, sur leur capacité à analyser, à innover et à incarner les valeurs républicaines’’, a-t-il insisté.
Il a rappelé que l’ambition de cette réforme est de ‘’former des officiers dont l’autorité s’appuie sur la compétence, l’intégrité, l’exemplarité ‘’, tout en développant leur capacité à définir les priorités, à renforcer leurs compétences et à coopérer avec les partenaires militaires de la Guinée.
Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.info
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