Faut-il effectuer la Oumrah à plusieurs reprises ou aider les démunis ? Servir Allah en servant les hommes (Par Dr Thierno Mamadou Diallo)
Je comprends l’émotion et la dimension spirituelle qui entourent la Oumrah, et nul ne peut nier la beauté de ce voyage ni la sincérité de nombreuses intentions. Cependant, il est aussi légitime d’ouvrir un débat honnête et responsable sur nos priorités collectives.
Multiplier les Oumrah, parfois à plusieurs reprises alors qu’une seule suffit sur le plan religieux, soulève une question essentielle : celle de l’équilibre entre dévotion personnelle et responsabilité sociale. Pendant que certains consacrent des sommes importantes à ces voyages, une grande partie de nos compatriotes lutte chaque jour pour se nourrir, se soigner ou scolariser leurs enfants.
L’Islam ne se limite pas aux actes de dévotion visibles. Il accorde une place centrale à la justice sociale, à la solidarité et à la préservation de la dignité humaine. La Zakat, mais aussi la Sadaqa, rappellent que la richesse est une épreuve autant qu’un privilège. Nourrir une famille, soutenir un orphelin, financer l’éducation ou l’accès aux soins peuvent, dans bien des cas, avoir un impact bien plus profond et durable que la répétition de voyages spirituels.
Il ne s’agit pas de condamner la Oumrah, mais de questionner les excès. Car oui, avec les budgets engagés dans certaines Oumrah répétées, il serait possible d’améliorer concrètement la vie de plusieurs familles démunies. Et cela aussi est une forme d’adoration, peut-être même plus silencieuse, mais immensément précieuse auprès d’Allah.
La vraie sagesse réside peut-être dans cet équilibre : adorer Allah, certes, mais aussi être un moyen de soulagement pour ceux qu’Il a placés dans l’épreuve. Car la foi ne se mesure pas seulement dans les lieux saints, mais aussi dans l’impact que nous avons sur la vie des autres.
Qu’Allah nous guide tous vers une pratique plus équilibrée, plus consciente et plus utile à notre communauté.
Amine.
Dr Diallo Thierno Mamadou
Pharmacien

