Faya Millimouno fustige la hausse exorbitante des cautions électorales : “Nous ne sommes pas des narcos, nous sommes des leaders politiques”
À un mois des élections communales et législatives prévues le 31 mai 2026, le Bloc Libéral hausse le ton. Lors d’une conférence de presse tenue ce 29 avril à son siège de Lambagny, Dr Faya Millimouno, président d’honneur du parti Bloc libéral, a critiqué les conditions d’organisation du scrutin, pointant du doigt la Direction générale des élections (DGE) et une hausse jugée excessive des cautions électorales.
Face aux médias, il n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’il considère comme des irrégularités majeures dans le processus électoral en cours. Parmi ses critiques figure l’augmentation significative du montant des cautions exigées aux candidats.
Selon lui, cette hausse constitue une barrière injustifiée à la participation politique. “Dans les communes rurales, la caution était fixée à 3 millions de francs guinéens en 2018. Cette année, elle passe à 35 millions GNF, soit une augmentation de plus de 1 200 %. Dans les communes urbaines, elle est passée de 8 millions à 35 millions, soit plus de 200 %. Est-ce que l’économie guinéenne a connu une croissance de cette ampleur ? C’est totalement ridicule”, a-t-il dénoncé.
Dr Faya Millimouno a également rejeté toute logique financière excessive dans la compétition électorale. “Nous avons toujours dit et que nous réaffirmons que ce n’est pas une compétition de vendeurs de drogue. Nous ne sommes pas des narcos, nous sommes des leaders politiques, porteurs de valeurs et attachés à des principes. Ce combat que nous menons vise à empêcher notre pays de sombrer”, a-t-il martelé.
Au-delà de la question des cautions, le président du Bloc Libéral a emis en cause la légalité du processus ayant conduit à leur fixation. “Tout a commencé par une violation de la loi. Une commission électorale a été mise en place sans aucun représentant des compétiteurs. Pourtant, ce sont les partis politiques et les candidats indépendants qui sont concernés par ces élections. Le législateur avait prévu que ces acteurs soient impliqués dans la détermination des cautions et du plafond des dépenses. Mais cela n’a pas été respecté”, a-t-il expliqué.
Dr Millimono a par ailleurs accusé la DGE de partialité dans le traitement des candidatures. “Partout où certains partis peuvent prouver leur existence, leurs listes sont recalées. Ailleurs, elles sont acceptées sans respecter les critères établis. On applique les règles de manière sélective, uniquement contre ceux considérés comme des opposants”, a-t-il regretté.
Illustrant ses propos, il a évoqué des cas qu’il juge révélateurs d’un traitement inéquitable. “On exige l’alternance homme-femme sur les listes, mais cette règle ne s’applique pas à tout le monde. Certaines listes du CNRD, composées uniquement d’hommes, ont pourtant été validées. Il y a même des ministres présents sur plusieurs listes, ce qui est contraire aux engagements signés. Malgré cela, ces listes passent. Cela montre clairement que la DGE se comporte comme un organe partisan”, a-t-il accusé.
Dr Faya Millimouno met en garde contre les conséquences de choix politiques qu’il juge inadaptés. “Ce que certains appellent aujourd’hui le terrorisme dans des pays comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger est en réalité le résultat d’échecs politiques. Ce sont des décisions inappropriées qui ont conduit à ces situations. Nous devons éviter de reproduire ces erreurs en Guinée”, a-t-il alerté.
Il a dénoncé ce qu’il qualifie de stratégie d’exclusion visant à affaiblir l’opposition politique. “Des opportunistes ont pris d’assaut la République et veulent continuer à freiner son évolution. Leur stratégie est claire : éliminer progressivement toute concurrence crédible pour ensuite affirmer qu’il n’existe pas de classe politique solide. Nous ne sommes pas d’accord avec cela”, a-t-il conclu.
Salimatou Baldé, pour VisionGuinee.Info
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