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Fonction publique : 64 000 matricules fictifs supprimés, l’Etat économise 643 milliards GNF

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Ce mercredi 28 octobre, lors de l’atelier de restitution consacré à la digitalisation des textes organiques et au Référentiel des métiers et des compétences, le directeur général de la fonction publique, Karamba Guirassy, a fait une présentation détaillée des reformes menées pour assainir le fichier de la fonction publique. De l’élimination des matricules fictifs aux dérives des anciennes pratiques de paie, il a mis en avant les chantiers indispensables de modernisation, de digitalisation et de rationalisation des ressources humaines.

Évoquant la situation financière et administrative héritée des années antérieures, le directeur général de la fonction publique a affirmé que “l’État payait des agents qui n’existaient pas”, tout en soulignant l’ampleur de l’assainissement mené, avec “jusqu’à 64 000 matricules fictifs retirés du fichier”.

Cette opération d’envergure a permis de faire chuter le volume global “de 168 000 agents de l’État à 104 000 agents de l’État avant les recrutements”, garantissant aujourd’hui que “l’État ne paie que des agents identifiés”.

Une rigueur comptable et administrative qui s’est traduite par des performances financières notables avec “643 milliards GNF d’économies réalisées entre 2024 et 2026”.

Pour mesurer le chemin parcouru, Karamba Guirassy est revenu sur les anciennes pratiques qui caractérisaient la gestion publique lors de sa présentation détaillée.

Décrivant les méthodes d’une époque récente, il a souligné qu’avant, “on parlait d’une fonction publique où, à la fin de chaque mois, des sacs d’argent fusaient de partout pour la paie des agents de l’État”, avant de passer par des modes de décaissement rudimentaires où “la paie se faisait à travers des clés USB”.

Plus grave encore, le système souffrait de failles béantes. Il révèle qu’une “seule personne pouvait toucher le salaire de 10 à 50 matricules ou toucher 3 à 4 primes de transport, primes de logement”.

À ces anomalies s’ajoutait “un potentiel de minimum 7 000 agents vivant à l’étranger”, ainsi que des dysfonctionnements sectoriels majeurs, à l’instar des primes de l’éducation payées aveuglément à l’ensemble du secteur, représentant pour l’État “88 milliards mensuels”, alors que la moitié des effectifs relève de ce département sans qu’on sache précisément qui y a droit.

M. Guirassy a pointé du doigt une époque où “les actes administratifs étaient totalement commercialisés et où un simple traitement d’un dossier de mutation pouvait durer 4 mois”.

Aujourd’hui, l’administration dispose d’une visibilité nouvelle grâce à une sécurisation technologique poussée, exposée durant ces travaux. Karamba Guirassy l’a affirmé avec assurance lors de l’atelier, en soutenant que “nous sommes confortables. Pourquoi ? Parce que nous savons aujourd’hui identifier chaque agent de l’État à travers une biométrie composite faciale, une vis empreinte”.

Si “l’assainissement continue”, le fichier global s’établit désormais à “128 000 agents”, en regroupant fonctionnaires et contractuels.

Cependant, la simple maîtrise numérique des effectifs ne suffit pas à garantir l’efficacité de l’État. S’interrogeant sur la cohérence des implantations physiques, le directeur général de la fonction publique a mis en exergue l’anomalie persistante des structures, en estimant que “quand on nous dit qu’il y a 3 000 agents dans ce bâtiment, quand on regarde le bâtiment, on se demande s’il y a 3 000 agents de l’État dans ce bâtiment”.

C’est pour répondre à cette interrogation, au cœur de cet atelier de restitution, que s’impose la mise en place de textes et de cadres organiques digitalisés, indispensables pour bâtir une véritable politique nationale de gestion des ressources humaines.

Sur question des flux de personnel, Karamba Guirassy a rappelé la nécessité de doter le pays d’une politique de recrutement rigoureuse qui “se veut qualitative et quantitative”.

Une telle politique, selon lui, “doit reposer sur une dimension prospective et dimension économique”. Faute de quoi l’administration subit continuellement les pressions syndicales. Actuellement, l’absence de textes organiques digitalisés empêche de savoir “qui est posté où, qui est parti à la retraite, qui est décédé, qui n’est plus à son poste”.

Cette carence organisationnelle engendre également des blocages profonds en matière de mobilité et d’évolution de carrière. Pointant la sédentarisation excessive de certains agents présents “pendant plus de 15 ans” à Siguiri, Kankan ou N’Zérékoré, il a rappelé l’impossibilité de mener à bien des politiques de reconversion professionnelle sans une vue micro sur les postes.

De même, la question de l’évaluation demeure essentielle, car “on ne peut pas évaluer et donc les gens ne peuvent pas avancer”.

Rappelant que les examens professionnels constituaient une rareté, Karamba Guirassy a affirmé que l’absence de hiérarchisation claire dans les bases de données empêche d’identifier “qui évalue qui”.

Pour briser ce cercle vicieux, où les projets de formation font également défaut faute d’évaluation préalable, il a conclu sa présentation en affirmant que “la mise en place de cette politique nationale de gestion de ressources humaines est imminente et c’est crucial” pour réconcilier l’État avec l’efficacité administrative.

Abdoulaye Bella DIALLO, pour VisionGuinee.Info

00224 628 52 64 04 | abdoulbela224@gmail.com

 

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