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Hôpital Ignace-Deen : le calvaire d’un couple

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Mariée et mère de trois enfants à 22 ans, Mariama Doumbouya a perdu sa mobilité, à la suite d’un accouchement à domicile, dans la sous-préfecture de Saramoussaya, préfecture de Mamou. Il y a un an. Elle a perdu le bébé. Transférée à l’hôpital Ignace-Deen à Conakry il y a quatre mois pour un traitement, mais le calvaire continue pour le couple.

« Après l’accouchement, elle a perdu sa mobilité. Nous savons que quand une femme accouche, elle ressent une fatigue générale. On pensait que c’étaient les séquelles de l’accouchement, mais quelques jours après, son état ne s’améliorait pas. Nous avons commencé à la traiter avec l’indigénat. Sans succès. Je l’ai amenée à Mamou, puis on nous a transférés à Ignace-Deen, au service neurologie. C’est ma première fois de mettre pied à Conakry. Je ne connais personne ici et je n’ai aucun membre de ma famille ici. Cela fait trois mois depuis que nous sommes arrivés, je ne dirai pas que son état ne s’est pas amélioré, mais elle n’arrive toujours pas à se tenir debout », explique le mari, Alpha Amadou Diallo.

Selon les infos, la nounou a accouché à la maison en lieu et place d’un centre de soins, faute de moyen. « Arrivés à Conakry, j’avais 4 800 000 Gnf comme argent de poche. Quand cet argent a été totalement dépensé, les médecins nous ont demandés de libérer le lit. On a passé des nuits dans la cour de l’hôpital. Une femme s’est approchée de nous. Je lui ai dit que je n’ai personne à Conakry, nous venons de Mamou et je n’ai pas de transport pour rentrer au village. Elle est allée expliquer notre cas au médecin chef du service, qui était choqué d’entendre l’histoire. Immédiatement, il nous a ramenés dans la salle. Depuis, il s’occupe bien de nous. Chaque soir, c’est lui qui me donne le prix de déjeuner, parce que même à manger nous n’en avons pas. Ensuite, il a œuvré pour une prise en charge de ma femme. Depuis, ma femme reçoit régulièrement ses soins. Quand on arrivait, elle était totalement paralysée. Par la grâce de Dieu et l’appui des médecins et des bonnes volontés, elle arrive à sentir ses membres supérieurs. Ce sont les membres inférieurs qu’elle ne sent toujours pas ».

Aujourd‘hui, le couple est plus que dans le besoin. Selon l’époux, la prise en charge octroyée arrive à son terme. « Le médecin m’a fait savoir qu’à la fin de ce mois, notre prise en charge sera écoulée. Et si on n’a pas une autre prise en charge avant cela, comment vais-je faire ? Même si je devais rentrer à Mamou, je n’ai aucun franc comme transport. On nous donne à manger, à boire et tout le reste. Je n’ai aucun moyen. Je demande de l’aide à tout le monde. Aidez-nous à faire soigner ma femme » lance Alpha Amadou Diallo.

Dr Amine Sanni Yaya, chef service Acupuncture et rééducation fonctionnelle au CHU Ignace-Deen déclare que Mariama Doumbouya a eu une inflammation au niveau de la moelle épinière appelée Myélite. « La dame a fait une myélite, donc il faut trouver la cause. Quand ils sont arrivés, ses membres supérieurs et inférieurs ne fonctionnaient pas. Nous avons fait quelques traitements à base de corticothérapie. Au bout d’une semaine, elle a retrouvé la motricité de ses membres supérieurs. Mais jusque-là, elle n’arrive pas à récupérer ses membres inférieurs. Il est évident de réaliser l’IRM (imagerie par résonance magnétique médullaire de la moelle épinière), mais on n’a pu faire cela. Son mari n’a aucun moyen pour faire cet examen qui coûte 3 500 000 G. Donc, on était obligé de faire un traitement probabiliste, c’est-à-dire mettre le patient sur un antiviral, de l’antibiotique, de prendre des déparasitant, ensuite faire un traitement de corticothérapie. Ce qui fait que jusqu’à date, elle a du mal à récupérer. On renforce les séances de rééducation, de physiothérapie antalgique et de séances de mobilisation. »

Parlant de la prise en charge, Dr Amine précise : « J’ai suggéré le cas au Fonds de développement social et de l’indigence. Ils ont fait le scanner, parce qu’elle avait des céphalées, mais il n’y avait rien. L’examen qui est prioritaire chez cette patiente n’a pas été réalisé, parce que le Fonds de développement social et de l’indigence n’a pas un accord avec la Caisse nationale de sécurité sociale, CNSS. Or, en Guinée c’est la CNSS, elle seule, qui réalise l’IRM médullaire. Actuellement, il est plus qu’impérative qu’elle fasse l’IRM médullaire pour connaître exactement l’état de sa moelle épinière ».

Le toubib promet de relancer la demande au Fonds de développement social et de l’indigence pour une nouvelle prise en charge. En attendant, dame Mariama Doumbouya sollicite l’aide de tout le peuple de Guinée afin de recouvrer sa santé. Son époux, Alpha Amadou Diallo, est joignable au 628 77 25 97.

Kadiatou Diallo

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