Ibrahima Bah, fondateur du mouvement RDPC : ‘’le général Doumbouya ne va pas gagner la présidentielle du 28 décembre’’
Alors qu’il a prévu de déposer sa candidature à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, Ibrahima Bah, docteur en sciences économiques et fondateur du mouvement Respect des deniers publics et du citoyen (RDPC), affirme que rien ne permettra au général Mamadi Doumbouya de remporter le scrutin.
Dans un entretien qu’il a accordé à VisionGuinee depuis Paris, la capitale française, Ibrahima Bah nous explique l’objectif de sa sortie médiatique et pourquoi, selon lui, le général Doumbouya ne pourra pas gagner l’élection.
VisionGuinee : Sur quoi vous basez-vous pour affirmer que le général Mamadi Doumbouya ne pourra pas gagner l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 ?
Ibrahima Bah : Le général Mamadi Doumbouya ne va pas gagner l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Et cela, quoi qu’il fasse, ça ne passera pas, même si les résultats du vote sont modifiés en sa faveur.
Vous aviez annoncé votre candidature et vous dites avoir été empêché d’être candidat à cette élection. Pourquoi ?
C’est parce qu’ils craignaient que j’aille de région en région pour expliquer à nos compatriotes que nos enfants, qui ont un âge compris entre 15 ans et 18 ans, ont droit à 50 euros mensuellement. Les fonds nécessaires pour le financement de ce dispositif sont prêts et disponibles. Et vous savez, l’homme, c’est la parole. Dès que le dispositif sera mis en place en Guinée, il sera financé par nos partenaires.
Qui sont ces partenaires et quels intérêts ont-ils à financer un tel dispositif ?
Pour vous répondre, je vais reprendre rapidement le classement mondial par rapport aux migrants mineurs irréguliers. Notre pays occupe le premier rang. Cela signifie que la Guinée est le premier pourvoyeur mondial de mineurs migrants irréguliers en France. Et une fois en France, ils peuvent se retrouver un peu partout dans l’espace européen. C’est la catégorie de migration la plus crainte, la plus coûteuse. Un seul mineur migrant irrégulier coûte au minimum 50 000 euros par an à la collectivité française. Si vous ajoutez les coûts politiques et sociaux, les montants deviennent beaucoup plus importants.
De plus, beaucoup de jeunes majeurs veulent se faire passer pour mineurs afin de bénéficier du dispositif. On se retrouve avec un système saturé, lourd, au point que les Nations unies l’ont dénoncé la semaine dernière. Moi, j’avais suggéré depuis longtemps une solution d’externalisation depuis le pays d’origine. J’avais démontré qu’en donnant 50 euros par mois à chaque mineur qui se trouve sur le sol guinéen, âgé de 15 à 18 ans, permettait d’atteindre un taux de migration irrégulière des mineurs de zéro. C’est pourquoi, le président Macron m’a exprimé l’attention qu’il portait à ma démarche. Son chef de cabinet, Rodrigue Furci, m’a transmis un courrier présidentiel. C’est une excellente nouvelle. Ma démarche, reconnue, s’inscrit dans une approche globale de lutte contre la pauvreté. C’est ce qui m’a valu un message d’encouragement de Mme Esther Duflo, prix Nobel d’économie.
Tous les mineurs guinéens sont-ils concernés par les 50 euros mensuels ?
Les moins de 15 ans représentent près de 45 % de la population. Lorsqu’ils vont attendre 15 ans, ils recevront à leur tour les 50 euros mensuels réservés à la tranche 15-18 ans. Je rappelle que nos partenaires européens ne financeront que ce segment. Pour ceux qui ont plus de 18 ans, un autre dispositif est prévu et sera financé différemment. Il ne coûtera même pas un franc à notre pays. Mais ce n’est pas cela ma préoccupation. Le risque, c’est que si le général Doumbouya confisque encore le pouvoir, on repart avec sept ans de privation. Et qui sait s’il ne cherchera pas un mandat supplémentaire par la suite ?
Pourquoi n’avoir pas expliqué ce dispositif au général Mamadi Doumbouya pour qu’il le mette en place ?
C’est parce que trois conditions obligatoires doivent être réunies : le retour à l’ordre constitutionnel, l’instauration d’un pouvoir démocratique civil et le respect des droits humains. Si ces conditions étaient respectées, mon dispositif allait être mis en place et financé. Mais le général Mamadi Doumbouya ne les remplit pas.
Je l’invite humblement à mettre l’intérêt de la population et celui de nos enfants, qui sont aussi ses enfants, au-dessus de son intérêt personnel. S’il le fait, il aura la reconnaissance de la République et de la jeunesse. S’il confisque le pouvoir, cela va empêcher nos jeunes de recevoir leurs 50 euros mensuels. La jeunesse ne l’acceptera pas.
Avez-vous un dernier message concernant l’élection présidentielle ?
J’invite humblement le général Mamadi Doumbouya, qui connait parfaitement ce dispositif et la disponibilité des fonds, à ne pas avoir peur de ma candidature. S’il la débloque, je viendrai expliquer aux populations ce dispositif d’intérêt national. S’il continue d’avoir peur de ma candidature, je me mettrai en retrait. Nous observerons la campagne et choisirons la personne capable de mettre en place ce dispositif, puis nous appellerons la population à voter pour cette personne. Nous n’appartenons à aucun parti politique. Dès la fermeture du dernier bureau de vote, nous accompagnerons cette personne pour préparer la mise en place du dispositif. Même avant la confirmation officielle des résultats, le dispositif sera presque prêt. Il suffira juste de l’activer lorsque la victoire de ce candidat, qui n’est pas le général Mamadi Doumbouya, sera confirmée. Si la DGE modifie les votes, elle engagera sa responsabilité et nos enfants lui en voudront éternellement.
J’invite donc le général Doumbouya à prendre ses responsabilités : se retirer pour permettre une élection apaisée ou persister. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il ne passera pas.
Par Salimatou BALDE, pour VisionGuinee.Info
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