Ismaël Nabé : ‘’la croissance, à elle seule, ne suffit pas ; elle doit se traduire en emplois, en revenus…’’
Lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026 à l’Assemblée nationale, le ministre du plan, de la coopération internationale et du développement, Ismaël Nabé, a présenté les ambitions du gouvernement dans un contexte économique international incertain. Malgré des projections de croissance de 8,6 % et un taux d’inflation attendu à 5,2 %, il a insisté sur la nécessité de traduire les performances économiques en améliorations concrètes des conditions de vie des populations.
Pour le ministre Ismaël Nabé, la Guinée doit poursuivre ses ambitions de développement tout en tenant compte des incertitudes qui affectent l’économie mondiale. Les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, la hausse des prix des matières premières et le durcissement des conditions de financement exercent une pression sur les économies, particulièrement en Afrique.
La hausse des prix du pétrole, du gaz, des engrais et des produits alimentaires, conjuguée à la réduction des financements extérieurs, impose davantage de prudence dans la conduite des politiques économiques.
‘’Dans ce contexte, notre responsabilité est double : préserver les équilibres macroéconomiques tout en maintenant le cap de la transformation économique et sociale. C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit la Loi de finances rectificative pour 2026’’, a-t-il indiqué aux parlementaires.
Sur le plan national, Ismaël Nabé a rappelé que l’adoption des textes relatifs au Plan de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2026-2040 et au Programme de développement socio-économique durable et responsable Simandou 2026-2030 marque une étape dans la définition des priorités du pays.
Les projections pour 2026 prévoient une croissance économique de 8,6 % et une inflation de 5,2 %. Mais, aux yeux du ministre du plan, de la coopération internationale et du développement, ces indicateurs ne suffisent pas à mesurer les progrès réalisés si leurs effets ne se ressentent pas dans la vie quotidienne des citoyens.
‘’La croissance, à elle seule, ne suffit pas. Elle doit se traduire en emplois, en revenus, en infrastructures, en services sociaux de qualité et en opportunités économiques sur l’ensemble du territoire’’, a-t-il souligné.
Il a plaidé pour une meilleure cohérence entre les objectifs de développement, les choix budgétaires, les investissements publics et la mise en œuvre des politiques sectorielles.
‘’Simandou 2040 fixe le cap. La programmation budgétaire organise les moyens. La Loi de finances autorise les choix publics. Et l’exécution doit produire des résultats mesurables pour les guinéennes et les guinéens’’, a-t-il expliqué.
Il a souligné l’importance des statistiques dans la planification et le suivi des politiques publiques, précisant que l’année 2026 est marquée par plusieurs opérations destinées à améliorer la connaissance de la population, des conditions de vie des ménages et du tissu économique.
Il a entre autres cité le quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), la sixième Enquête démographique et de santé (EDS-6) et le lancement de la deuxième Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages.
À ces opérations s’ajoute la collecte des données du premier Recensement général des entreprises de la République de Guinée (RGE-1) en vue de mieux connaître les entreprises, d’identifier les secteurs à fort potentiel et d’orienter les investissements vers les activités les plus porteuses.
L’objectif, selon lui, est de mieux accompagner les petites et moyennes entreprises et de renforcer les capacités de pilotage de l’économie. Dans la même logique, il a évoqué la présentation du troisième Rapport national volontaire sur les Objectifs de développement durable, qui participe au renforcement de la culture de la donnée, de l’évaluation et de la redevabilité.
Parallèlement, a-t-il souligné, ‘’nous poursuivons la vulgarisation nationale de Simandou 2040 auprès des gouvernorats, des administrations déconcentrées, des collectivités locales et de nos partenaires techniques et financiers. Nous engageons également le processus de territorialisation de nos priorités à travers les Schémas régionaux d’aménagement et de développement (SRAD)’’.
Dans cette démarche, le Programme conjoint de développement local (PRODEL), conduit avec le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation et les partenaires du système des Nations unies, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), doit contribuer à rapprocher les projets de développement des besoins des populations.
Il précise que ce programme s’articulera avec les priorités régionales des huit régions administratives et les plans locaux de développement des 375 communes. ‘’Autrement dit, Simandou 2040 donne la direction ; le PRODEL contribue à faire parvenir cette transformation jusqu’au dernier kilomètre, au plus près des populations’’, a indiqué le ministre.
Pathé BAH, pour VisionGuinee.info
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